Mardi 14 juillet 2009 2 14 /07 /2009 10:42

Bon.

Me voilà donc au vert, en Bretagne. J'aime bien la Bretagne, et j'aime bien être avec mes vieilles tantes. Avec pour voisins un éleveur de porc d'un côté et une famille un poil dysfonctionnelle de l'autre (des tueurs de chien et une empoisonneuse de chatons qui a l'excuse d'avoir été violée par son frère moitié débile et son oncle il y a quelques années). Ca incite pas forcément à sortir beaucoup dans le coin mais bon.

 

J'aime bien être ici, parce que ça me permet d'être souvent tout seul, et en fait, j'aime bien être souvent tout seul, et lire, et glander comme un tapir (c'est juste pour la rime).

 

Puis ça me permet de me sentir parisien, des fois, aussi. Comme quand on va faire des courses à l'intermarché de Lamballe, et qu'on voit que ho putain, les ploucs qu'il y a ! Du coup, à penser ça, on se dit ho putain, quel con de parisien je fais ! Et on a un peu honte mais pas trop quand même.

En même temps, hein, la Bretagne, c'est le pays des ploucs, c'est normal qu'il y en ait des beaux. Et puis y'a pas que ça, en Bretagne, heureusement.

 

Par exemple, il y a mes tantes. Même si y'en a une qu'est pas biologique et qui nous terrifiait quand on était petits alors que c'est la biologique qui mettait des tartes (mais juste à moi). Mais comme j'ai déjà dit du mal des bretons elles il faut bien que j'en dise du bien, comme ça, les bretons me pardonneront.

Parce que mes tantes, elles sont fortes quand même. Déjà, elles m'ont presque plus supporté pendant les vacances que mes parents, qui me confiaient à elles des mois par an, aussi bien en été qu'en hiver.

 

Et ça ne me gênait absolument pas (la preuve, je reviens, et à ma demande, aujourd'hui encore, et c'est pas que pour fuir ma colocation avec ma soeur), même si y'a des araignées partout dans ma chambre (en même temps, elles l'ont construite juste pour moi cette chambre, ce serait mesquin d'en dire du mal).

 

Quand j'étais plus pitit, avec mes tantes, on faisait des camps de tennis qu'elles organisaient (parce qu'une de mes tantes est prof de tennis). Et même qu'on était contents de monter la tente et de s'arroser de liquide vaisselle quand c'était notre tour de la faire, malgré les épileptiques belges dans les douches. Et on se faisait jamais engueuler, même pas mon cousin quand il se levait à sept heures du matin pour donner nos croissants du petit déjeûner aux mouettes (et ça fait du bruit, un troupeau de mouettes qui se disputent des croissants). Et on jouait au volley avec des sourds ou des idiots, ou les deux, et c'était rigolo aussi, mais pas autant que de faire six heures de tennis par jour (ne vous en faites pas, il ne m'en reste rien). Et quand on était pas en camp de vacances, je lisais l'intégrale de Jules Verne et les aventures du docteur Bombard et je cueillais du cassis allongé sous les buissons et on faisait de la gelée qu'on étalait sur nos croissants avant d'aller jouer au tennis et estropier ma tata (mais ça c'est juste mon petit frère).

 

Aujourd'hui que je suis grand, on change d'activités. Les cassis sont morts, alors on fait de la confiture d'abricots. Je regarde mes tatas creuser des trous dans leur jardin entre la fosse septique et le jardin du voisin.

Puis on fait des courses que je ne fais pas à Paris. On achète des portes par lots de quatre. C'est cool d'acheter des portes, mes parents me l'ont toujours caché. Et on achète des poignées de portes pour aller avec les portes, et les dilemmes sont nombreux, poignée platine ou nickelée ? Combien de trous ? Deux, trois, quatre, avec un ovale long, un à serrure ? On a passé une demi-heure dans le rayon poignées de portes de BricoDépôt sans s'ennuyer (sauf celle de mes tantes qui gardait le chariot avec les portes).

 

Je découvre la vie avec mes tantes, et c'est pour ça que je les aime. Que je veux être comme elles quand je serai grand, parce qu'elles s'économisent pas pour rendre service à tout le monde, que je me dis que y'en a dans la famille qui pourraient en prendre de la graine (suivez mon regard).

 

Oui, un jour, je serai comme elles, j'emmènerai mes neveux faire une course de portes. Et je leur ferai creuser des trous pour la fosse septique, et je les laisserai cueillir les groseilles, et on fera de la gelée, et je leur raconterai comment mon tonton la mangeait au petit déjeûner sur des croissants avec du magret de canard, et on dira beurk, et puis hop au lit, avec Deux Ans de Vacances si vous voulez.


(Non, les frangines et le frangin, une note de blog n'est pas contractuelle, vous vous occuperez tous seuls de vos morveux, je dis ça que pour que le public fasse "hooooo" d'un air attendri et que je couche avec après s'il est de sexe féminin et pas moche comme un pou)

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Vendredi 10 juillet 2009 5 10 /07 /2009 20:42

Je commence à avoir une certaine expérience en la matière, c'est pourquoi je me permets d'expliquer ici le déroulement idéal d'un pique-nique familial. Un gros, parce que j'ai une grosse famille (c'est toujours mieux quand c'est gros).

 

Le pique-nique est une affaire sérieuse, on ne tient pas à ce qu'il loupe, donc on choisit soigneusement la journée en fonction des prévisions météorologiques de la Lozère Nouvelle : le ciel sera bleu, avec quelques éventuels pitits nuages dans les coins.

 

Une fois assurés qu'il fera beau, on choisit le lieu du pique-nique. C'est très facile, car le lieu du pique-nique est traditionnel : une fois qu'on a trouvé un bon coin, on y retourne. Il n'est pas question d'avoir de mauvaises surprises, nom d'une pipe. Il s'agira donc perpétuellement de ce charmant pré tout vert en bordure de ruisseau, à deux heures de route de la maison de vacances familiale : on peut s'asseoir dans l'herbe, il y a des arbres au bord de la rivière qui donnent de l'ombre pour que les vieux ne prennent pas de coup de chaud, rivière où les enfants pourront tester leurs talents de braconneurs de bébés truites et de grenouilles, bref, un sacré paquet d'atouts.

 

Et on ne va pas y renoncer sous prétexte que l'accès se fait par une chemin caillouteux de deux kilomètres, interrompu par deux ou trois barrières de fils barbelés rouillés, que le pré est en pente, rendant l'installation des chaises pliantes des vieux hasardeuse, et qu'il est constellé de bouses de vaches plus ou moins molles.

 

Bref. Le pique-nique familial impliquant de manière générale une trentaine de personnes, on y va à plusieurs voitures, dont une part traditionnellement une demi-heure plus tard que les autres, parce qu'on doit chercher un gamin qui boude caché dans le jardin (moi, par exemple), ou un conducteur qui a oublié et qui prend l'apéro au bar de l'Univers. Cette voiture là est le plus souvent piloté par téléphone portable par un des convives qui aura entamé le rosé, et arrivera une bonne heure après tout le monde, parce que le conducteur aura dépassé de vingt-cinq bornes le lieu-dit « le trou caché entre deux arbres » où il devait tourner pour rejoindre le sentier d'accès.

 

Une fois tout le monde arrivé, vient le moment tant attendu de la BOUFFE. On a l'expérience, donc on a pas oublié les melons bien mûrs, le pain, le saucisson, le jambon du ptit boucher, le rosé, le rouge, les chips, l'eau, les couverts en carton, la thermos de café... Par contre, on a oublié qu'à chaque fois, le melon attire les guêpes. Mais c'est pas grave, personne les craint, sauf une ou deux cousines, qui vont manger dans la voiture, mais elles ne manqueront pas tant que ça, sauf quand on se rendra compte qu'on comptait sur elles pour garder la plus jeune marmaille pendant le repas, marmaille qu'on regarde affectueusement gambader dans l'herbe et se barbouiller de chocolat, jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on avait pas amené de chocolat, et que les bouses de vaches ne sont pas toutes sèches.

 

Bref, pas de panique malgré tout, tout le monde se gave, les conversations s'éteignent un peu, se cantonnant à « faites passer le jambon » ou « personne a emporté du sel » envoyés à la cantonade. Puis les vieux s'endorment, et les jeunes passent à une autre tradition : la partie de foot post-prandiale

 

La partie de foot post-prandiale : c'est là que le choix d'un pré en pente couvert de bouses de vaches prend tout son sens : ça met du piment dans le match de devoir aller chercher le ballon dans la rivière à la première passe ratée (c'est sans doute pour ça que mes cousins sont très doués au foot). Puis aller chercher le ballon dans la rivière permet de se laver les pieds des résidus de bouse de vache constituant les poteaux.

 

Enfin, tout le monde peut aller se baigner pour laver la sueur. Comme c'est un torrent, c'est plus rigolo. Et les sangsues du coin sont toutes petites, même pas peur. Et on peut faire des oeuvres d'art dans l'eau, avec des bouts de bois et des cailloux. Le soleil descend mollement vers la cime des arbres.

 

 

Puis d'un coup, il s'avère que finalement la météo s'était trompée, on entend un grand BROUUM, il se met à tomber des seaux, tout le monde court vers les voitures dont on va tremper les sièges malgré les serviettes sous les fesses, en se disant qu'au fond, c'est bien, demain il devrait y avoir des champignons.

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Mardi 7 juillet 2009 2 07 /07 /2009 15:42

Faut croire que malgré que j'y passe nettement moins de temps alors que mon temps libre augmente, mon blog n'est pas tout à fait mort, la preuve : Mélina m'a tagué (non, papa, c'est pas sexuel).

 

Du coup, en brave garçon que je suis, j'obéis à son injonction, et je regarde qu'est-ce que c'est que j'ai donc à faire cette fois-là.

 

Bon. 8 souhaits à faire.

 

Pas facile, ça. Ca fait trop ou trop peu. Trop si on a le droit de faire le truc bateau « Hoooo je veux en avoir autant que je veux », trop peu si on veut régler tous les problèmes de la planète et garder du rab pour avoir la santé, la beauté et les gonzesses.

 

Bon, allez donc. Je souhaite officiellement

 

  1. Que mon ordinateur ne me chauffe plus les cuisses comme ça. Surtout la gauche.

  2. Que OpenOffice soit compatible avec overblog pour faire en sorte que les numéros qui apparaissent maintenant à gauche de mes souhaits sur mon écran soient là sur mon blog aussi.

  3. Avoir une plus grosse vessie. C'est handicapant socialement la petite vessie, et au cinéma c'est l'horreur.

  4. Réussir à cesser de me manger la barbe. Les poils entre les dents, c'est pas confortable. Mais ça a l'avantage de faire passer le temps, quand tu essayes de pousser le poil avec la langue entre la canine et la première molaire. Mais même.

  5. Que les poissons ne soient plus dérangés par les hormones féminines qui ne sont pas filtrées par les stations d'épuration (c'était le voeu écologique de rigueur).

  6. Trouver un autre idée, sinon j'aurai l'air un peu con.

  7. Qu'internet redevienne aussi bien qu'avant.

  8. Qu'il fasse beau ce soir pour le barbecue.

 

Passons à la suite.

 

Que me font penser les mots suivants ?


Houla, ça va donner. Allez, envoye, petit CTRL/C !

 

-Message :  Thaïlandais (je m'épate moi-même)
- Blog : Poils (un peu d'autopromotion)
- Prix : 12€80
- Croix : donne moi ta croix, et prends la mienne...
- Scrap : scrotte. Anglophonie quand tu nous tiens.
- Création : Darwin
- Bonheur : caïpirinha
- Vie : envisagé.
- Enfants : Dutroux
- Passion : Je passion mon tour

 

Dire un mot sur la personne qui m'a taggué.


Le choix est difficile. Dois-je jouer la facilité et l'insulter pour faire genre « wo, l'autre, elle m'a forcé à faire un article de blog » ?

Dois-je faire de l'esprit comme elle a tenté d'en montrer ? (hin hin)

Dois-je faire le lèche-boule (qu'elle n'a pas) ?

 

Argh.

Heureusement, il me reste une carte dans ma manche.

Je dirai donc : ma. En chinois, oui.

 

Ensuite, taguer huit personnes, je passe, je ne connais plus suffisamment de monde qui tienne un blog, je crains. Mais c'était gentil de proposer.

 

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /2009 18:42

Plus j'y pense, et plus je me dis que je suis fait pour avoir écrit un bouquin. Et j'y ai pensé, hein ! Une bonne heure et demie, lors d'une promenade méditative dans la nature, entre Bibliothèque François Mitterand et chez moi. Du coup, j'ai eu le temps de constater que tout convergeait : d'abord, j'aime faire des promenades méditatives dans la nature. Ensuite, mon aspect physique, en particulier ma barbe florissante, se conjugant à mon odeur (après une heure et demie de promenade méditative par plus de 30°) pour témoigner de mon souverain mépris des contingences matérielles, sans parler du fait que ma frangine de coloc a balancé mes ciseaux à barbe à la poubelle.

 

Par ailleurs, comme Kipling, comme Saki, j'ai passé mon enfance à l'étranger, au sein d'une famille aussi dysfonctionnelle qu'on puisse l'espérer dans un milieu bourgeois : un père espion internationalement méconnu (preuve de son talent), une mère super-héroïne qui brave les frontières pour voler au secours des enfants kidnappés, une grande soeur qui tentera de m'assassiner à plusieurs reprises, aussi bien au couteau qu'à la boule de pétanque, une petite soeur militante gauchiste anti-démocrate au possible, et un petit frère vaguement rescapé d'une mort subite du nourrisson avec qui je ne parle que conformation de molécules et identification d'espèces de fourmi par le nombre de poils céphaliques.

 

Bon, ça aurait pu être pire, mais tous les grands auteurs n'ont pas été foutus sur le trottoir à sept ans, et ils ont quand même eu du succès.

 

Hum. Sinon, je n'ai pas que les caractéristiques morpologiques et les antécédents familiaux du gars qui a écrit un bouquin, hein. J'ai aussi le trou dans le CV, qui m'a laissé tout le temps que je voulais pour l'écrire, ce bouquin. Car oui, autant l'assumer, ma qualité de branleur fait de moi l'écriveur de bouquin par excellence, celui qui fait ça au lieu de se trouver un vrai travail et d'être utile à la société. En parlant de ça, j'ai même une philosophie de vie, en ce qui concerne la société, que j'aurais pu m'appliquer à expliquer dans mon bouquin (comme elle y serait présentée, je ne vous l'expliquerai pas ici, d'ailleurs, il n'y a que quand je suis bourré que j'arrive à l'expliquer et qu'elle me semble tout à fait faire sens, comme pour la plupart des gens en fait). Et avoir une philosophie de vie, il semblerait que ce soit un passage obligé pour écrire des bouquins. Être atteint de misanthropie galopante aide aussi, mais à défaut, j'aime bien les gens et ça peut le faire aussi. Pour écrire des bouquins, toujours, hein (faut suivre).

 

Puis en plus, j'écris. Y'a qu'à voir sur ce blog, hein, c'est tout de moi, ou presque. De là à écrire un bouquin, j'aurais pas été le premier à sauter le pas. En plus, j'ai un style, quoi. La preuve, on m'a jamais confondu avec Victor Hugo ou Virginie Despentes, enfin on me l'a jamais dit.

 

Puis il paraît qu'il faut être mauvais écrivain pour être bon critique, et je suis super mauvais critique. Du coup, je suis convaincu de la commutativité de ma citation. (et j'utilise des mots compliqués, comme dans les bons livres, wouhou !)

 

Décidément, hein, je SUIS le gars qui a écrit un bouquin. Ne serait-ce que pour se la donner auprès des gonzesses, parce que c'est pas avec mon corps que je vais le faire. Si je suis gaulé comme un dieu, c'est plus Bouddha qu'Apollon.

 

Le plus beau, c'est que j'ai même des idées d'autres bouquins ! Des qui s'appuieraient sur mon expérience en tant que résident temporaire en Bretagne, par exemple. Ou en tant que mec qui essaye d'écrire des bouquins mais qui arrive pas au bout de la première page parce qu'il a pas d'histoire (ce serait l'histoire d'un mec qui essaye d'écrire un bouquin sur un mec qu'essaye d'écrire un bouquin sur un mec qu'essaye d'écrire un bouquin, le concept est déposé).

 

Le problème, c'est que c'est des idées d'AUTRES bouquins. Et pour les écrire, il faut que le premier l'ait été, sinon ça n'aurait aucun sens.

 

Putain de merde.

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 00:42

Le jargon des usagers d'internet est fleuri d'expressions exotiques et pittoresques, qui enchantent le linguiste de passage autant que l'orthographe utilisée le désole parfois.

Cependant, toutes ces expressions ne sont pas toujours comprises ni même connues des usagers occasionnels, et c'est à leur intention qu'est écrit cet article, consacré aujourd'hui aux « points ».

Car internet est d'abord le jouet des gamers, autrement dit un troupeau décérébré de neuneus pour lesquels la compétition fait loi, compétition qui seule apporte un intérêt à une discussion, quel qu'en soit le sujet.

Mais ils sont mignons quand même, hein.

 

Bref. Dans toute conversation internet, le but ( le plus souvent inconscient) est de marquer un maximum de points, et ce en jalonnant sa conversation d'allusions clichés, ou « points », de la manière la plus naturelle qui soit (généralement sans y penser, sinon c'est tricher).

 

Le point le plus connu des profanes est le Point Godwin, marqué quand, au cours d'une discussion sur un sujet qui n'a rien à voir, on parvient à citer Hitler, les nazis ou le fascisme (en règle générale, pour accuser l'adversaire interlocuteur d'être un gros facho qui n'a pas les mêmes idées que vous).

 

C'est loin d'être le seul point marquable dans une conversation internet.

 

Il y a également le point M (Mezcal ou Monty Pythons), marqué lorsque l'on démontre, preuve à l'appui, que le sujet de la discussion a déjà été traité par les Monty Pythons (d'ailleurs, les Monty Pythons ont tout inventé).

 

Le Point Caré a été marqué définitivement par Grigori Perelman, qui a démontré que V étant une variété compacte à 3 dimensions sans bord, il était possible que le groupe fondamental de V soit trivial bien que V ne soit pas homéomorphe à une sphère de dimension 3, ce qui est balèze, reconnaissons-le (un peu d'honnêteté intellectuelle, que diable). On ne le décerne plus aujourd'hui qu'au personnes citant de manière rigoureuse le neuvième président de la Troisième République Française.

 

Le Point exe est très mal vu, parce qu'il a tendance à propager des virus. On le boycotte.

 

Le Point Tillieux se marque en reprenant son interlocuteur sur une citation de Gil Jourdan, en précisant l'album, la page, la case, et la date de première publication de la citation, ainsi que la cotation actuelle de l'album au BDM.

 

Le Fulguro-point est marqué quand on lance un argument destructeur, qui clôt le débat de manière brutale et efficace. Souvent marqué à l'époque de VanVeen, on le voit de moins en moins sur parano, voire jamais (1).

 

le Point G est atteint quand la communion intellectuelle est totale entre les interlocuteurs, qui ressentent alors un sentiment de jouissance absolue. On ne le voit jamais non plus.

 

Le Point Sonnet des Lilas est obtenu assez rarement, vu qu'il nécessite d'improviser au cours de la conversation un petit poème en quatorze vers à la gloire de cet arbrisseau qui sent bon(2).

 

Le Point Poin Poin Poin est le plus facile à marquer : il suffit de faire une blague qui tombe complètement à plat et est ignorée par l'ensemble de la communauté. Il y a de grandes chances que cet article suffise à marquer ce point.

 

 

(1) Il me manque un super jeu de mot avec l'astéro-hasch, si vous avez. Et sinon, ha oui, c'est un article destiné au site parano.be, et VanVeen en était membre, mais ne l'est plus, pouf. Mais Yoze a un peu pris la relève.


(2) Par exemple :


J'ai un lilas dans mon jardin

Il ne sent pas le romarin

Il a une belle couleur lilas

Je le regarde, je n'm'en lasse pas.


J'ai un lilas dans mon jardin

Il embellit la niche du chien

Et couvre l'odeur de son caca

Décidément, que f'rais-je sans toi ?


Ô beau lilas, ne fane point !

Pour toi je donnerai un rein

Quand bien même ça n'rimerait à rien


Tu n'as pas de risque de diabète

Après tout tu n'es qu'une plante verte

Mais moi je t'aime, ça me rend bête.

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Mardi 23 juin 2009 2 23 /06 /2009 00:42

Alors heu, oui, bon, j'ai fini, je suis en vacances, j'ai eu mon année.

Je suis bien content, d'autant que j'ai battu Lute ce semestre (Lute, c'est une espèce de hollandais blond de ma classe de chinois qui fait rien qu'à traîner avec toutes les plus jolies filles de la fac. En plus il est musicien. Ha ha, prends ça, Lute !).

 

Je vais pouvoir maintenant me consacrer exclusivement à mon loisir préféré, à savoir l'épluchage de sardine en milieu urbain.

Enfin, ça c'est pour quand j'aurai fini mon intégrale du club des 5 en VO, avec François qui s'appelle Julian en vrai, Mick qui s'appelle Dick (ça lui va bien), et Annie qui s'appelle Ann, et Claudine-qui-veut-qu'on-l'appelle-Claude-parce-qu'elle-veut-pas-être-une-fille-elle-veut-être-un garçon qui s'appelle George-alors-qu'en-vrai-c'est-Georgina (et on la comprend, la pauvre).

 

Puis il faut aussi que je me consulte pour savoir si je vais en Algérie parce que avec tous ces attentats ma bonne dame, hein, c'est pas sans risque, sans compter ces sondes Pitot qui traînent dans tous les coins louches des aréoports et tout. Déjà que je me traîne en plus une espèce de grippe A qui a failli m'empêcher d'aller à Rennes voir trop de gens pour pouvoir leur parler à tous, constater que mon école d'agronomie produit toujours d'aussi belles poules à la mammelle volant à tous les vents et à la croupe robuste, puis aussi éviter la fête de la musique à Paris (ouf). Alors si c'est pour la filer au consulat de France tout entier, on va finir par m'accuser de terrorisme comme ils ont essayé de le faire à la douane de Tunis.

 

Bref.

 

Puis je dois aussi m'occuper de la pelouse, bien réarroser après que ma cousine l'ait fait histoire de noyer tout germe qui aurait pu surnager. Et éloigner les escargots de notre massif de basilic aussi touffu que l'aisselle d'Alain Bernard. C'est du boulot.

 

Mais c'est pas tout, mais c'est pas tout.

 

Enfin, si, en fait.

Il est tard et je suis tout fatigué, et tout. Alors je m'en vais faire un gros dodo, ouep.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /2009 21:42

Ce qu'il y a de bien, avec un blog, c'est que grâce à ça on peut dire du mal des gens qui tiennent notre vie entre leurs mains sans qu'ils le sachent, un peu comme dans la vraie vie, mais potentiellement à beaucoup plus de monde, dont une très grande proportion qui s'en fout.

Alors je parle pas de patrons ou quoi, hein. Non, je parle de profs.

 

Parce que mine de rien, hein, les profs, c'est de un vachement influent dans la suite des études qu'on va continuer pour éviter d'entrer dans la vie active qui est le début de la fin de la vie (parce que bon, quoi, elle est inactive ma vie, là ? Je tiens un blog, je vous signale, bordel à cul ! C'est plus intéressant que de rester planté devant un ordinateur à un bureau qu'est même pas chez soi et qu'il faut rendre dans l'état dans lequel on l'a trouvé en rentrant, ho), de deux (oui, regarder, il y avait un de un un peu plus haut), de deux donc, un prof, c'est prouvé, c'est susceptible. Donc, l'anonymat du blog est super confortable pour la médisance.

 

La preuve : je vais dire ici même du mal d'un professeur de ma fac, sans que je sois traçable (haha, Francis, c'est un pseudo !) et sans nommer ce professeur, parce que bon mon anonymat est malgré tout saboté par quelques personnes inconséquentes. Du coup, c'est carrément plus discret que médire dans la cour de la fac, assis sur la pelouse entre les crottes de chien et les mégots, à boire un chocolat viennois sous une chaleur tropicale.

 

Bref. Tout ça pour dire que quand même, des fois, on se dit, les profs, y'en a des qui exagèrent.

Genre, par exemple, ceux qui te disent que le niveau de la classe est lamentable, et qu'on n'aura pas de diplôme-cadeau, et qu'il faut pas s'attendre à ce que la difficulté des partiels prennent en compte le fait qu'on a eu douze semaines de grève (ici, il me faut signaler que la mauvaise foi dont je fais preuve, vu qu'on a eu des rattrapages après je sais plus combien de temps mais moins de douze semaines, fait partie du jeu : c'est mon blog, c'est moi qui raconte, manquerait plus que ça, de l'honnêteté intellectuelle. On est pas chez Cauet, ici.).

 

Du coup, on est pas surpris de se dire à la sortie des partiels, pfiouloulou ptain ça déconnait pas. Sauf que.

On voit ensuite, sur la copie du partiel de l'an dernier qu'une élève s'est procuré, que l'an dernier, c'était plus la fête du zlip dans les amphis.

 

Qu'est-ce qu'ils avaient à traduire, nos prédécesseurs ?

« le vase qui est sur la table », « ne pas réussir à joindre Xiao Li au téléphone », et des phrases du type « j'habite en France, mon père est chinois et ma mère aussi, quand je suis allé dans le village de mes grand-parents je ne parlais pas chinois et je ne pouvais pas discuter avec les autres enfants ».

 

Nous, qu'est-ce qu'on a eu ? « Les diplomates qui n'ont pas l'habitude de faire les choses conformément à la loi » (déjà, les clichés, en plus), « se concerter avec les collègues pour voir comment choisir un représentant », et des phrases du type « Depuis l'Antiquité, les gens ont tué et mangé on ne sait combien de coqs, peut-être un nombre supérieur à celui des étoiles du ciel, cela n'a pas empêché le soleil de continuer à répandre chaque jour sa lumière et sa chaleur sur le monde ».

 

Alors quoi, j'veux dire. Et le fait que ce ne soit pas le même professeur qui ait rédigé l'examen de l'an dernier n'est pas une excuse. On nous dit « on veut pas donner des diplômes au rabais » mais bon, ils le faisaient l'an dernier sans qu'il y ait de grève. Nous, on a donné de la voix en manif, on les a mérités, nos diplômes au rabais, nom d'une pipe !

 

C'est vraiment trop injuste.

 

Enfin bon, on verra bien les résultats.

J'espère qu'ils compteront pas faux une traduction de "si tout le monde faisait comme toi, est-ce que les librairies dans le monde pourraient-elles continuer à exister ?" sans faute de chinois.

 

Sinon, le côté rigolo de l'histoire, c'est qu'on risque d'avoir à passer les partiels de rattrapage avant d'avoir les résultats, au cas où, parce qu'ils sont juste très bientôt, et qu'on n'aura pas les notes avant. Du coup, on a peut-être (notons quand même l'hypothétiquité de la chose) réussi nos partiels, mais pas le droit d'aller en vacances que quand même, on a bien mérité, avec toutes ces manifs crevantes. Quand même, hein.

 

J'veux dire.

 

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Mercredi 10 juin 2009 3 10 /06 /2009 15:42

Ces derniers temps, je me surprends à prendre plaisir à faire des comparaisons qu'on pourrait, avec un esprit un tant soit peu politiquement correct, qualifier d' "inappropriées". J'aime bien rappeler que l'accident du vol Air France Machin, aussi dramatique soit-il, n'est après tout qu'un fait-divers, et que même si ça n'en diminue pas la douleur des familles, ça n'a après tout qu'un intérêt très limité, et qu'on a vachement moins parlé des essais nucléaires de la Corée du Nord, qui risquent d'avoir un impact un chouïa plus important sur l'avenir du monde.

Hum.

Je me rends soudain compte que cette comparaison n'est pas aussi inappropriée que je le pensais, mais tant pis, j'arriverai quand même là où je voulais en venir, même si le lien n'est pas aussi flagrant que je l'aurai voulu. Voilà donc la question : comment se fait-il que la société admette moins facilement la mort d'un bébé que celle d'un vieux ?

 

En effet, je ne sais pas ce que les gens ont avec les bébés (1), mais quand ils en voient un mourir, tout de suite c'est le drame, ça pleure dans les chaumières, et pour peu que ce soit le parent du môme (sans lequel, rappelons-le, l'enfant n'existerait de toute façon pas) qui l'ait mis au congélo, les plus farouches humanistes se sentent pousser des piques au bout des bras et vont réclamer le retour de la guillotine, alors que quand c'est un vieux qui meurt, on entend les mêmes dire « ha ba son heure était venue, hein »  « C'est bien triste mais il fallait s'y attendre », et autres réflexions désabusées (au pire, on entendra même des « C'est mieux pour lui » ou « Il est mieux là où il est » ! On croit rêver).

 

Pourtant, il me semble que la mort d'un bébé est bien moins dramatique que celle d'un vieux.

Alors certes, le vieux est peu esthétique, tout ridé, il sent mauvais et ne contrôle pas ses sphincters. Mais le bébé non plus, et en plus, il ne sait pas parler.

Ceci dit, ce n'est pas ça qui me fait dire que la mort d'un vieux devrait être plus triste que celle d'un bébé.

 

Je pourrais jouer au cynique et vous sortir des arguments économiques. Que coûte à la société l'entretien d'un vieux, qui a cotisé des dizaines d'années pour sa retraite, par rapport à celle d'un enfant, qu'il faudra éduquer, soigner, et qui n'apportera sa pierre à l'édifice qu'après deux bonnes dizaines d'années ? Si quelqu'un a des chiffres, je serais curieux, tiens. Mais je n'ai que peu de doutes sur le résultat final.

 

Mais j'ai beau avoir un esprit souvent mal placé, mon propos n'est pas là. (d'ailleurs, je ne pense pas que l'argument économique puisse être une justification pour quoi que ce soit, j'ai une morale assez généreuse de l'argent des autres). Non, mes arguments sont d'ordre plus socio-évolutionniste.

 

 

Un vieillard qui meurt, disait Amadou Hampâté Ba, c'est une bibliothèque qui brûle. Et en effet, pour chaque vieux qui disparaît, ce sont des milliers d'expériences, d'images, de souvenirs qui s'éteignent avec lui, et qui seront à jamais perdus pour l'humanité.

 

Mais un bébé ?

Un bébé, c'est vide. Culturellement parlant, je veux dire, et l'avancée de notre espèce se fera par la culture ou ne se fera pas. Ca n'a rien dans la tête, un bébé, ça n'a rien expérimenté, rien amené à l'espèce, ça n'aura rien à regretter, en bref sa disparition ne sera que celle de potentialités irréalisées. Un peu comme un ticket de loto perdu, on se dit zut, on aurait pu gagner des millions, mais les probabilités sont fortes pour que ce soit de l'argent gâché de toutes façons.

Ce qui ne dit pas qu'il ne faut pas continuer à jouer, hein ! Il y a des gagnants malgré tout, et heureusement. Mais pour un bébé qui deviendra un Edison, un Picasso, un Darwin ou que sais-je encore, combien de futurs obèses qui passeront leur temps vautrés devant leur télévision ou internet ?

Puis en plus, à bien y regarder et à tirer la métaphore jusqu'au bout, le bébé, c'est un loto auquel l'espèce peut perdre. Pour quelques millions d'innocents qui naissent, combien d'Hitler qui les élimineront ? Combien de Berlusconi, de Marc Levy, de Max Pécas, de Bernard-Henri Lévy (2) en puissance qui gâcheront la vie des autres ?

 

Au moins, avec les vieux, on sait à qui on a affaire. Ils ne présentent pas le risque d'évoluer en quelqu'un d'abominable, s'ils l'ont été au moins ils sont moins en état de nuire que dans la force de l'âge, et ils peuvent servir de mémoire vivante, d'exemple (il est important de pouvoir se confronter à un vieux con pour pouvoir se dire « je veux surtout ne jamais devenir comme ce vieux con » et ne pas devenir un vieux con, c'est moins bien que de devenir quelqu'un de vraiment bien mais c'est quand même déjà pas mal). Et si c'était des gens bien, on peut encore prêter attention à ce qu'ils disent, à leurs opinions sur l'actualité et comment il faudrait faire pour arranger tout ça (bon, on en trouve peu, mais même).

 

Alors qu'un bébé n'apportera jamais rien au concert des nations. Parce qu'il est trop petit et ne sait rien faire (sinon babiller de façon charmante mais lassante au bout de trois minutes).

 

Enfin bon, malgré ça, reste que la mort d'un vieux, c'est normal, c'est la nature. Alors qu'un bébé qui meurt, ça l'est aussi, mais c'est le côté de la nature dont on espérait le plus s'être défait. Pourquoi, je ne le sais toujours pas (1).

 

  1. (1) en fait si, je le sais parfaitement.

  2. (2) Tiens, ça fait deux Lévy. N'y voyez pas de traces d'antisémitisme, j'avais pas pensé à Bernard-Henri avant que cubik ne me le rappelle)

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /2009 23:42

Je ne sais pas si vous savez, mais je suis un grand amateur de romans de voyage. Je ne sais pas trop à quoi ça tient, étant donné que je suis de tendance plutôt casanière, n'ayant posé les pieds dans le treizième arrondissement qu'une ou deux fois, par hasard, depuis le début de mes études de chinois. Mais bon, c'est peut-être là que se trouve la raison. Ou alors c'est que mon papa m'en abreuve depuis que je suis capable de ne pas lui dire « pfff mais j'en veux pas de tes bouquins tout pourris » (1).

 

Donc, les récits de voyage me transportent. Ce qui est plutôt rassurant, pour des récits de voyage. Et du coup, comme ces jeunes hippies baroudeurs qui ne cessent de t'asséner leurs « han mais t'es jamais allé au Malawi ? Ou au Qatar ? », ou pire, les collègues de mes parents qui n'ont de cesse de raconter les anecdotes de leur vie d'expatriés en Afghanistan ou je ne sais où, bé moi, je fais pareil avec mes lectures de romans de voyage.

« Quoi ? T'as jamais lu Nicolas Bouvier et son «Usage du Monde » ? Ptain tu sais pas ce que tu rates, le gars, il est allé de Serbie en Afghanistan en voiture dans les années 50, en deux ans, avec un pote peintre, ils s'arrêtaient dans un pays quand ils avaient plus d'argent, un truc de fou, on pourrait plus faire ça aujourd'hui ! », et si les gens connaissent, je me retrouve bien embêté, parce qu'en fait, j'ai beau être amateur de romans de voyage, c'est un peu tout ce que j'ai lu (2).

 

Enfin, jusqu'à aujourd'hui, ce glorieux samedi où, à la sortie de mon partiel de chinois classique (oui, pleurez, pleurez sur mon sort de malheureux étudiant, obligé de traduire du Confucius un samedi après-midi), j'allais chez mon libraire pour tenir la promesse faite à mon papa de ne pas acheter de BD avec les sous qu'il me donne et prendre Motel Blues, de Bill Bryson.

 

Cet article lui sera donc consacré.

Alors, me direz-vous, pourquoi tourner ainsi autour du pot, tu vas la cracher ta Valda (3) à quoi sert cette introduction de deux kilomètres qui ne présente pas le moindre intêret ?

Hé bien, tout d'abord à ne pas déparer sur mon blog, qui n'accepte que les articles d'une certaine longueur parce que ça fait intello, et ça ça attire les filles à lunettes, et ensuite, à ne pas déparer de la suite de l'article qui ne saurait présenter beaucoup d'intérêt, vu que je n'ai lu que 40 pages de ce bouquin.

 

Pourquoi diantre faire un article sur un bouquin qu'on n'a pas lu, alors ?

Il y a deux raisons à cela.

La première est que ça me permet de repousser un peu le moment où je continuerai, parce que jusqu'ici, c'est quand même vachte bien. La seconde est que rien que ces quarante pages valent largement tout ce que Marc Levy et Guillaume Musso ont pu produire à eux deux. D'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je les nomme. Peut-être que ça attirera du monde sur mon blog, tiens.

 

Bref. Motel Blues, c'est le récit d'un enfant de l'Amérique profonde. Pas de n'importe quelle Amérique profonde, de l'Iowa. De Des Moines, plus précisément. Un enfant qui a tout fait pour en partir, et qui y revient, et nous la décrit, avec une tendresse désabusée pour ses habitants désoeuvrés, pour qui une soirée dans un bowling aux pistes tordues et aux boules fêlées suivie d'une glace au chocolat en lisant Playboy est ce qui se fait de plus excitant dans l'année.

Ce pourrait être déprimant. Le pays et ses gens s'y prêtent. Des champs de maïs à perte de vue, interrompus par des silos à grains, et des péquenots à casquette John Deere et à la nuque crevassée.

 

Sauf que.

Bill Bryson a un humour féroce, qui attaque sec dès les premières lignes (4), avec un sens de l'observation digne de Pratchett (5). Et jusqu'à la page 40, le rythme a beau être lent comme une journée de voyage en voiture au milieu des champs de maïs, on (enfin, je) se surprend à sourire comme un con dans le métro au milieu des gens qui font la gueule.

Et ça, c'est précieux, et c'est pour ça que je ne veux pas finir ce bouquin trop vite.

 

  1. Ce qui fait assez longtemps, mine de rien. Je n'ai jamais été particulièrement rebelle, même à 14 ans je le laissais dire « Donne la main à papa » dans le supermarché. En fin de compte, je me demande si j'ai été bien élevé.

  2. Dont je me souvienne à cet instant, après une soirée bière-sangria pour fêter la fin des écrits. Mais y'en a sans doute d'autres.

  3. J'aime bien cette expression, je l'avais jamais placé en 378 notes de blog.
  4. « Je suis né à Des Moines. Ce sont des choses qui arrivent. Quand on naît à Des Moines, ou bien on accepte la situation sans discuter, on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l'usine Firestone et on vit là jusqu'à la fin des temps ; ou bien on passe son adolescence à se plaindre à longueur de journée que c'est un trou et qu'on n'a qu'une envie, en partir, et puis on se met en ménage avec une fille du coin nommée Bobbi, on se trouve du travail à l'usine Firestone et on vit là jusqu'à la fin des temps. » Pour être honnête, je n'avais pour but que de vous faire lire ces lignes en espérant vous donner envie de lire le reste, j'espère que vous êtes allés jusque là.
  5. C'est pas peu dire. Bon, en fait, c'était surtout pour embêter mon popa s'il passe.
Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 00:42

 

Dans la droite lignée de mes études, et dans le but de promouvoir la cuisine barbare (celle qui en met partout), passons au plat du jour : le poisson braisé à la camerounaise.

Je profite ici de l'expérience de mon beau-frère Christian (que je salue au passage, coucou Chris).

 

Le poisson braisé, donc.

Commençons par le commencement, c'est la partie la plus rigolote : le vidage du poisson. Si vous êtes riches et oisifs, faites les vider et écailler par votre poissonnier, je vous mépriserai jusqu'à la fin des temps, mais vous en gagnerez (du temps).

Prenez donc des poissons : des maquereaux c'est très bien, la daurade aussi, aujourd'hui on fait les snobs, on prend du bar (1 bar par personne).

 

Videz les poissons : c'est très facile, insérez un couteau (ou la lame d'un ciseau) dans l'anus, et ouvrez le dans le sens de la longueur jusqu'au bout, glissez les doigts dedans et tirez sur les trucs mous et gluants. Si vous avez des ongles, c'est plus facile. Dans le cas où vous n'auriez pas d'ongles, faites-les pousser. Enlevez bien tout ce qui est gluant.

 

 

(zut, on voit rien)

 

 

Ecaillez ensuite les poissons : il suffit de les gratter à rebrousse-poil, ça vole dans tous les sens, c'est rigolo.

 

 

Préparez la marinade (si vous êtes intelligents ou nombreux, vous le ferez avant en même temps que vous écaillez les poissons) : prenez tout plein de persil plat, un peu l'ail, de l'oignon, hachez finfinfin, puis broyez tout ça avec une pierre à écraser (ou, si vous manquez de pierre à écraser, foutez tout ça dans un bol, rajoutez un peu d'eau, mixez tout jusqu'à obtenir presque une pâte, rajoutez un peu de bouillon Kub (deux à quatre cubes, faut goûter pour voir si ça va), rajoutez de la pâte de piment rouge faite par la soeur de votre beauf (sinon, faites-la : broyez du piment rouge qui pique avec du persil et de l'ail, et de l'huile). Rajoutez un peu d'huile, ça doit faire une pâte un peu semblable aux épinards de cantine, et quand vous goûtez vous devez avoir les yeux un peu exorbités, des larmes qui vous coulent dans le nez et le nez qui coule sur le menton, vous devez faire « Hhhhhh kof kof ça pique un peu mais c'est bon mais ça pique un peu» d'un ton presque crédible, et ça doit être bon.

 

 

Faites des entailles sur les poissons, perpendiculairement à la longueur, espacées de la largeur d'un pouce, de derrière la tête au bout de la queue.

 

 

Badigeonnez les poissons de la marinade avec un gros pinceau, en insistant bien sur les entailles. Pour les plus gros boulets, il y a même une démonstration sur youtube, si vous savez pas faire après, prenez-vous en à ma grande soeur.

 

 

 

 

 

 

Préparez le barbecue (j'espère que vous l'avez fait avant). Astuce pour les petits joueurs qui ne veulent pas user de journal pour lancer le barbeuque : faites cuire votre charbon sur le gaz. Non, finalement je mettrai pas de photo.

 

Rajoutez un peu d'oignon dans le barbecue, ça épatera les amis et ça donnera une bonne odeur alentour.

 

Mettez le poisson sur le barbecue. Ayez à portée de la main un seau de flotte pour au cas où et une pelle à poussière pour attiser les braises. N'oubliez pas que si votre barbecue est ridiculement petit, il sera nécessaire de faire la manoeuvre plein de fois d'affilée et que vous mangerez tard.

 

 

 

Servez l'apéro. Bière de qualité et rhum sont de rigueur (n'essayez surtout pas la Guinness camerounaise, elle est abominable), il faut tenir jusqu'à la fin de la cuisson de chaque poisson. 

 

 

Surveillez bien la cuisson : il ne faut pas qu'il y ait de flamme. S'il y en a, éteignez là en balançant de la flotte sur le charbon, sinon votre poisson braisé sera du poisson brûlé. Vérifiez la couleur du poisson : s'il a l'air cuit, c'est bon. Retournez de temps en temps.

 

 

A côté de ça, préparez la garniture : nous, on a fait des frites de patates douces et des frites de patates dures et du gratin de courgettes, parce qu'il nous restait des courgettes. Pour faire les frites de patates douces, procédez comme pour des frites normales, mais avec des patates douces.

 

 

Profitez de votre casserole à manche qui tourne pour tester la conformité du carrelage de la cuisine en ce qui concerne la résistance à l'huile chaude et à la frite grasse (et par la même occasion, testez la résistance de la babouche camerounaise).

 

 

 

Ouf, tout est conforme.

 

Ne reste plus qu'à manger avec les doigts tout ça.

 

 

 

 

 


Par Francis - Publié dans : Les cuisineries de pas trop moi
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