J’ai beau dire depuis un moment que je vais bosser à disséquer du dauphin, là j’ai plus de nouvelles du bureau d’études. Je me fais pas de souci, si ils ont besoin de moi, ils me rappelleront, je leur ai déjà coûté des sous, je suis un investissement. Mais même, là, je fous pas grand-chose. Et mon permis avance pas des masses. Je me fais donc assez monumentalement chier dans ma vie.
J’ai donc décidé, puisque je suis encore jeune (quoiqu’en disent les douaniers tunisiens et les contrôleurs des trains) et que je n’ai pas peur des contradictions, de me remettre aux études. J’ai la chance d’avoir un logement grâce à des parents qui risquent leur vie dans des dictatures éloignées. Ce serait péché que de ne pas en profiter, alors que plein de gens manquent de sous et ne peuvent pas étudier comme ils le voudraient, non ?
Donc, je me suis inscrit à la fac. Parce que bon, en plus, ça me permettra d’observer de plus près des jeunes (beeeeh) et la vie de la fac, qui m’intrigue d’un point de vue sociologique et de curiosité scientifique. Bah ouais, j’ai pas fait la fac, moi, si on excepte quelques mois au Québec que je sais même pas si ça compte.
La dure question qui s’est imposée à moi a été : quelle matière choisir ? Parce que bon, les sciences, qui est le domaine qui m’intéressait à la base, j’ai donné pendant cinq ans. Ca m’intéresse toujours, mais bon, revoir des trucs que j’ai fait y’a cinq ans, nan.
Tout ce qui est droit, sciences politiques, beurk. Puis y’a déjà ma sœur qu’en fait, qu’elle s’est même inscrite au PC.
J’ai longtemps voulu faire Indiana Jones : j’aurais pu faire un truc genre Histoire de l’Art, mais j’aime pas l’art. Puis ça sert à rien.
En fait, je voulais faire des langues. En première année de prépa, pendant qu’on rentrait des cours avec un copain en insultant le prof de bio qui nous serinait qu’on était des crottes et qu’on arriverait à rien parce qu’on s’était plantés en colle (pour ceux qui savent pas, une colle de bio, c’est on te donne un sujet, genre : le criquet, un crustacé aérien ? ou bien : la membrane phospholipidique, tu réfléchis vingt minutes au tableau en faisant des dessins et des schémas et un plan puis pendant un quart d’heure tu récites ton cours pendant que le prof observe attentivement l’intérieur de ses paupières avant de te dire « mais ce que tu viens de me dire, tu te rends compte que c’est de la merde ? » et puis c’est fini et tu pars en l’insultant entre tes dents d’abord, puis à voix haute une fois qu’il est hors de portée), je caressais l’idée de faire une fac d’anglais.
Ouais, parce que j’aimais bien.
Bon, maintenant que l’anglais est la seule langue dans laquelle je lis des gros livres sans images, je me dis que c’est plus la peine. Puis le japonais, l’arabe, j’ai des notions, alors, à quoi bon ? Et l’espagnol ou l’italien, trop simple, c’est latin.
Par contre, le chinois, j’y connais rien. Mais alors queud. C’est donc un challenge. Y trouverai-je un intérêt ? Arriverai-je à prononcer un mot ? Rencontrerai-je de fougueuses
asiates ? Apprendrai-je de nouvelles raisons de mépriser les jeunes ? Tant de questions sans réponse. Puis « notions de chinois », ça tape sur le CV, ça permet de
dire « oui, c’est un marché qui explose, dans un contexte mondialisé, il me semble essentiel d’avoir des notions de la langue du pays qui va contrôler le monde d’ici peu »
J’ai donc décidé de m’inscrire en licence de chinois.
Je commence lundi.
Enfin, je vais essayer, parce que jeudi dernier, j’ai pris rendez-vous pour lundi 13h50 pour mon inscription administrative, et que vendredi, j’ai reçu un mail me disant ATTENTION L1 STAGE INTENSIF D INITIATION AU CHINOIS OBLIGATOIRE POUR LES DEBUTANTS DU 10 AU 21 SEPTEMBRE 2007 DE 14H00 A 17H00 EN SALLE 226C 227C.
Je n’ai bien évidemment aucune idée du bâtiment dans lequel se trouvent ces salles, et ça va être tendu de trouver en approximativement 0 minutes (un peu moins, je pense).
Mais bon, on va tenter, hein.

