Les exaltantes aventures de la vie de moi

Mardi 7 août 2007

Jeudi dernier, j’ai quitté mon île chérie. C’est triste, mais y’a des compensations. Par exemple, j’ai un bob.

Oui, parce que mon papa, sur le port, a décidé qu’il lui fallait des chaussures neuves, là, d’un coup. Une envie, comme ça. Il est pas enceinte, pourtant, hein. Mais bon.

Donc, il veut s’acheter des chaussures sur le port, alors il va à la biscuiterie-produits du terroir.

Etrangement, il n’en sort pas avec des chaussures, mais avec un bob vert, que je lui fauche immédiatement pour l’essayer, parce que « il est trop beau, je l’veux, tu me le donnes dis dis dis ? » (OK, soit, je régresse des fois avec mes parents).

Suite à cette tirade, ma maman, dans un élan d’amour maternel impromptu, et parce qu’il ne coûtait que dix euros, décide d’aller me chercher un bob, dont je me serais bien passé, vous vous en doutez.

Comme il coûtait dix euros, Titesoeur, qui depuis qu’elle est communiste a décidé qu’on devait vivre comme des déportés du goulag bien qu’on soit pas exactement dans une misère noire avec deux parents qui bossent (beaucoup quand même, je vous rassure) à l’étranger (j’essaye de lui faire comprendre que ce ne serait pas décent vis-à-vis des vrais pauvres de ne pas utiliser des sous qu’on a, mais elle est rétive à mes vues la bougresse), Titesoeur, donc, s’est mise à crier par la fenêtre de la voiture « Mais non achète pas, il en veut pas, il le mettra pas, mais ça sert à rien, il le veut pas », mettant la totalité de l’Arcouest (c’est le port) au courant de mon caprice (même si elle avait pas totalement tort, sur le moment).

Son ton de panique hystérique ne m’a que moyennement plu, et j’ai donc décidé de porter ce bob surtout en sa présence.

 

Donc, maintenant, j’ai un bob.

 

C’est laid, soit (bien qu’il manque le logo Ricard pour faire complètement beauf), mais je lui ai quand même trouvé des avantages, à mon bob.

 

De un, les gens me prennent pour Mélina Loupia dans la rue et viennent me quémander des autographes en s’écorchant les genoux sur le goudron lozérien (oui, là je suis en Lozère, j’en parlerai sans doute plus tard).

Nan, en fait, c’est pas vrai, hahaha, riez pas tant, et mouchez vos nez, vous mettez de la morve sur votre écran, vous pourrez pas lire la suite, ce serait vraiment trop dommage.

 

De deux, si je ne remonte pas les bords pour avoir l’air con et fiche la honte à Titesoeur et qu’à la place je l’enfonce sur mon crâne pour avoir l’air con et fiche la honte à Titesoeur, j’entends mal les gens, mais par contre le son mélodieux de ma propre voix est amplifié dans mes oreilles délicatement ourlées et au lobe parfaitement dessiné, et y résonne délicieusement.

Or, je pense que ça transparaît dans ma manière d’écrire, j’adore m’écouter parler. Maintenant, ce plaisir est multiplié, c’en est limite orgasmique.

 De trois, ça cache la coiffure ratée que m'a fait ma maman, et ça m'évite d'avoir à me laver les cheveux, ce qui est un avantage quand on est une vingtaine à se partager deux douches.

Le quatrième avantage que je vois au bob, c’est le fait qu’il me donne l’air benêt, voire idiot. Ceci me permet de partir avec un a priori défavorable dans l’esprit de la majorité des gens de bonne compagnie, qui seront donc estomaqués par mon esprit aussi vif qu’une loutre de mer dans un herbier à zostères, esprit qui, comme dirait Brice de Nice, me permettra de le casser comme une palourde sur mon bidon (si, avec un caillou). Ou, à défaut, de le casser après moult cogitations sur mon blog.

bob.jpg

Par Francis
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Jeudi 9 août 2007

Parmi ces petites choses qui font mon bonheur quotidien, il y a le fait que je fais partie d’une famille relativement nombreuse.

Du côté de mon père, déjà, qui a un frère et quatre sœurs qui nous ont fourni deux cousins et trois cousines. Mais ce n’est rien à côté de la famille de ma mère : aujourd’hui, en Lozère, y’avait pas tout le monde et on était un peu plus d’une vingtaine à table (sous la pluie, mais bon, on est des warriors, baby).

Que de la famille directe : ma grand-mère et sa descendance sur trois générations. Mais ma grand-mère a plusieurs sœurs (et un frère, je crois), qui ont elles-mêmes des gosses qui ont des gosses, dont certains ont des gosses. Ca fait un beau foutoir dans lequel je me perds à peu près totalement, on découvre des nouveaux cousins chaque année, puis y’a les amis de la famille qui s’en mêlent, qui eux aussi ont des gosses, si bien que les jours de marché on ne peut pas faire trois pas sans croiser quelqu’un qu’on reconnaît et qui nous reconnaît (ou pas), à qui on fait les traditionnelles trois bises, en évitant de donner un prénom.

 

Dans l’absolu, j’aime bien, malgré les problèmes de couchage engendrés, qui font que je passe rarement deux nuits de suite dans le même lit, au gré des arrivées des cousins et sines et de leurs moitiés et marmots respectifs. De toute façon, tous les sommiers ont cinquante ans, et ça fait belle lurette qu’on a pas vu de matelas confortables dans la maison.

 

Mais ce qui fait mon malheur, c’est que cette famille est essentiellement matriarcale : mon grand-père est mort depuis vingt-deux ans et ma mamie n’a eu que des filles. Et même si ces dernières ont été équilibrées (en tout, six garçons et six filles, de huit à trente-cinq ans), il reste que le taux d’œstrogène global dans la famille est un peu trop élevé, et  c’est particulièrement casse-couilles (sans mauvais jeu de mots). Dans une famille normalement constituée, les hommes mettent les pieds sous la table et les femmes restent aux fourneaux, c’est dans l’ordre des choses. Là, elles sont aux fourneaux, mais elles réclament que l’on fasse la vaisselle !

 

Merde, alors.

 

Il règne dans cette famille un féminisme rampant du plus mauvais aloi, que ces harpies ont tenté d’inculquer à leur progéniture, étant donné qu’elles tenaient déjà la dragée haute depuis des décennies.

Certains de mes cousins se laissent faire, mais je ne baisse pas les bras.

Elles font ce qu’elles peuvent pour me brimer, les bougresses, toujours sur mon dos, à  m’empêcher de taquiner le ballon si il y a le moindre de leurs chiards à cinquante mètres à la ronde, à m’empêcher de m’exprimer « Mais arrête de chanter, y’a les bébés qui dorment ! » alors que je faisais la vaisselle (enfin, j’essuyais, quoi, pendant qu’une gonzesse lavait).

Et alors ? S’ils se réveillent, ces gosses, c’est parce que vous les avez mal endormis, mauvaises mères (tantes, mamies, arrière-grand-mère, cousines) ! Puis c’est vous qui les avez fait, j’ai rien demandé, moi !

 

Et je ne chante pas plus fort que vous parlez, sauf que vos conversations sans intérêt  s’adressent à une personne seulement, alors que ma chanson (Général à Vendre, Francis Blanche) est destinée à tous. Même décibels, plus de public, une moyenne sonore moins importante par personne. Efficacité, quoi. Mais ça, va l’expliquer à une gonzesse.

 

Toujours à réclamer, toujours les mêmes choses : fais la vaisselle, range, fais ton lit, va faire les courses…

Ca peut paraître anodin, mais chez moi, elles sont fortes les gonzesses. Ces quatre thèmes forment 80 % de leurs conversations sur 16 heures de journée. Le reste c’est « Chhhhh moins fort les bébés dorment ». Balèze, quand même. Pour trouver une phrase qui ne soit pas un ordre, faut tendre l’oreille, hein.

En plus, y’en a aucune qui comprenne mon humour fin et distingué. Si c’est pas Florence Foresti, c’est pas drôle. Un manque si total de second degré est épuisant.

 

Mais bon, je fais avec, en résistant. Je renâcle, j’ironise, je suis le plus désagréable possible, je tape mes notes de blog pendant que les autres mettent la table, mais je reste.

 

Parce qu’elles font bien la bouffe quand même, faut le reconnaître. (Même si chaque année c’est les mêmes menus hin hin).

Et ça, ça vaut bien de supporter leurs remontrances, brimades, réclamations et geignardises.

 

Je vais encore prendre cinq kilos cette semaine.

Par Francis
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Lundi 20 août 2007

Autant vous prévenir tout de suite, c’est avec difficulté que j’écris les lignes qui vont suivre. La douleur est intense, la souffrance sans commune mesure avec ce que j’ai connu par ailleurs.

 

Mais je vais quand même le faire.

 

J’étais jeune et fou.

 

Je vivais ma vie sur le fil du rasoir, le danger était mon pain quotidien, l’adrénaline ma drogue. Le lendemain m’apporterait ce qu’il m’apporterait, a dieu vatt, comme disent les bretons (enfin, certains. Pas tous, hein. Mais par exemple, le type qu’on a radié du club Barbe pour attentat à l’intégrité capillo-torsienne d’un autre type, lui pourrait le dire. Même s’il a une barbe de puceau.)

 

Un exemple : j’ai fait un stage en exploitation agricole, avec des vaches pleines de cornes et de bouse collée au cul et des tracteurs pleins de trucs en métal rouillées et des moissonneuses  et de la paille pleine de poussière que je trimballais à la fourche, sans avoir fait mon rappel de tétanos ni m’être fait désensibiliser de mon allergie à la poussière de paille. Je jouais avec ma vie, quoi. Même chose en stage sur bateau de pêche plein de câbles, de couteaux, de homards et de tourteaux. Chuis un ouf, quoi.

 

Mais je suis allé trop loin.

 

Je me suis rongé la peau autour des ongles.

 

Je ne réalisais pas que je risquais d’en crever.

 

Je suis pas passé loin. Un matin, je me suis levé avec le doigt qui tirait, et qui devenait rouge et vert et enflé à côté de l’ongle de mon majeur droit (mon doigt le plus important, en plus !).

Panaris.

En phase d’invasion par des staphylocoques. Encore deux jours, et c’était la phase de collection, qui aurait été suivie par une attaque des tendons, puis de la main entière, pour finir par une septicémie qui m’aurait emporté après une agonie douloureuse et glauque, ne laissant plus que leurs yeux pour pleurer à ma horde de fans en folie, qui auraient réclamé des funérailles nationales qui auraient coûté bonbon au contribuable.

 

Heureusement pour vous et moi que j’ai un cousin médecin qui était en vacances à ce moment-là, qui a fait son diagnostic rapidement et m’a prescrit des antibiotiques et des bains de doigt dans l’hexomédine et puis qui m’a fait mon vaccin pour le tétanos. Pour une fois qu’il sert, il sert vraiment.

 

Ouf.

 

C’est bien pratique, des fréquentations médecins. Il me faudrait un cousin plombier, maintenant, ça éviterait des frais aussi.



UPDATE : ayé, guéri. En plus, j'ai pas rongé mon ongle, pour pas manger de staphylocoques, ça fait que j'ai un bel ongle sur dix, maintenant.

Et en tous cas, ça m'aura évité d'avoir à faire la vaisselle.

Je suis vraiment un gros ongulé.
Par Francis
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Mardi 21 août 2007

S’il est une tare qui m’afflige, je le reconnais, c’est que j’ai une nette tendance à penser du bien des gens. Ca m’a particulièrement handicapé dans mon enfance, quand j’aimais bien jusqu’aux profs les plus honnis de mes camarades. Afin de conserver des amis (si, si, j’en avais quelques uns), j’ai dû apprendre à dire du mal des gens que j’aimais bien.

Ca me poursuit encore aujourd’hui. J’ai détesté un seul de mes profs d’école d’ingé, celui qui avait le mieux su me discerner (il avait mis sur ma copie « c’est pas avec une désinvolture pareille que vous trouverez un job » et il avait raison).

 

Ca m’énerve, j’ai l’impression d’être neuneu par rapport aux gens qui traînent des haines tenaces, j’ai l’impression de n’avoir aucun discernement envers les gens, et j’aime pas me sentir inférieur comme ça.

Pour compenser, j’ai décidé d’avoir des préjugés. Ca facilite les choses pour en dire du mal (particulièrement de ces sales anglais et de ces jeunes exécrés), et donc pour continuer de me trouver des amis, ce qui peut toujours être utile (même avec une famille nombreuse, on y trouve pas forcément un avocat, un plombier, un mécano, un architecte, toutes relations utiles par les prix qu’ils peuvent pratiquer pour leurs amis).

 

Mais hier, dans le parc de Langogne où on promenait mon petit cousin de deux ans avec un autre cousin, on est tombés sur un bonhomme qui s’est très rapidement avéré antipathique. De prime abord, c’était juste un vieux bonhomme comme Langogne en regorge, avec des cheveux blancs et une vilaine peau pleine de vaisseaux éclatés.

On allait regarder la rivière avec le petiot, et il nous a adressé la parole pour nous demander si on était du coin, et si on avait vu le niveau du Langouyrou récemment. Poliment, on répond qu’on est pas vraiment du coin, on discute inondation une minute, puis on remonte, le bonhomme sur nos talons.

On passe alors devant des chiottes publiques, décorées de peintures de mômes de l’école primaire, et de trois graffitis, et le gars commence à râler sur l’état des chiottes, qui sont dégueulasses et pleines de mouches.

 

Jusque là, ça va encore. Puis il crache : « Pourtant, la municipalité a toujours été à droite. On a pas de gauchistes, y’a pas d’étrangers ici. C’est pas comme dans le 93, y’a pas d’arabes ! »

 

Ca fait un drôle d’effet d’entendre ça d’un vrai quelqu’un, pas à la télé. Et pendant qu’il déblatérait que lui, il était du 77, mais qu’il avait des enfants enseignants dans le 93, enfin le 9-3, qu’il connaissait le problème, notre putain de traîtresse de bonne éducation ne nous a pas permis de faire autre chose que de continuer à marcher en lui tournant le dos. Je me suis même surpris (dégoûté, en fait) à émettre une espèce de réponse sous forme de grognement et à marmonner un froid au revoir, alors qu’il continuait à nous adresser ses saletés, tout content d’avoir un public.

 

C’est vraiment bizarre de tomber sur quelqu’un de complètement pourri de dedans la tête. Ca donne une sensation de s’être sali rien que de lui avoir adressé la parole, ça donne envie de se boucher les oreilles à tout ce qu’il ajoute et de boucher celles du môme avec qui tu es pour pas qu’il soit contaminé, et ça coupe complètement le sifflet. On était assez interloqués, avec mon cousin.

 

Ce n’est qu’après coup que je me suis dit que j’aurais dû lui rétorquer que s’il y avait des arabes à Langogne, c’était nous, avec notre grand-père libanais et toute ma primaire au Maghreb… C’est toujours comme ça les répliques sarcastiques, ça vient après. Mais sur le moment j’avais juste envie de m’éloigner de ce monsieur, de sa belle chemise et de ses veinules explosées sur le visage.

 

Ceci dit, grâce à ce vieux (puisse-t-il claquer d’une crise cardiaque le plus tôt possible), j’ai découvert que mon subconscient était du même avis que mon conscient. J’ai rêvé que ce vieux se faisait casser la gueule par un nain bossu (par contre, pourquoi un nain bossu, mystère), et que j’en étais content.

Par contre, ça me déprime un peu que mon subconscient ne me pense pas à la hauteur de lui casser la gueule moi-même.


Par Francis
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Mercredi 5 septembre 2007

Je ne suis pas du genre à m’étendre inconsidérément sur la douceur du passé (bien que je sois profondément convaincu que la meilleure partie de ma vie est derrière moi), n’empêche que là, j’ai eu comme une petite madeleine de Proust sonore.

 

Oué, en écoutant Big Balls, d’AC/DC.

 
 

Moi qui vis désormais en reclus sur mon canapé à côté de la télé, qui ne mange que lorsque le groulement dans mon bidon se fait rauque et profond comme le cri d’un sanglier mâle qu’on égorge, Big Balls m’a fait quasiment monter les larmes aux yeux.

 
 

Hééééé oui, le bar de ma douce école me manque. Elle était bien, cette école, pour les casaniers comme moi, y’avait tout sur place, on avait pas besoin de sortir : y’avait la BDthèque (essentielle à l’équilibre mental), le ciné-club (les membres pouvaient manger gratos les bonbons), la cantine avec des gens sympas qui servaient le manger, le gymnase pour jouer au badminton en chantant Jeanne et Serge, la boîte, même des amphithéâtres pour recevoir une précieuse éducation sur l’évapotranspiration, le rut du cochon ou la microéconomie. 

 

Et donc, le bar.

 

Pas que j’y sois beaucoup allé durant les deux premières années, mais la troisième, plus.

 
 

Et ça fait un tas de chouettes souvenirs, en fin de compte. Le local, d’abord : la pièce presque toujours dans un demi-jour, les volets fermés, les murs peints par les artistes du campus, les fauteuils bancals en cuir élimé, les sofas où tu t’enfonces jusqu’à avoir les genoux au dessus des yeux, le carrelage constamment collant de la bière de la veille malgré les efforts des barmen pour le nettoyer de temps en temps, le comptoir couvert de journaux, de cendriers,et d’instructions de montage de jouets Kinder.

 

Parce que quand tu allais y prendre un café dégueulasse, après avoir bouffé, fallait prendre un Kinder Surprise, que le barman fallait qu’il t’apporte la boîte pour choisir, parce que si tu choisis pas toi-même et que le cadeau te plaît pas, tu payes pas. J’ignore l’origine de cette tradition, mais elle vient pas des barmen. D’ailleurs, en général, je payais pas, parce que j’avais mon compte et tout, ma note était tenue sur une carte postale de Loisel, même. Et je le mettais souvent sur le compte d’un copain,le café, de toute façon.

 

Le midi, à la pause café, c’est aussi la pause mots-fléchés d’Ouest-France, l’occasion de briller en société :

 

-Pierre non taillée, en huit lettres, commençant par C ?
-Cabochon, que tu réponds.
-Mais n’importe quoi, ça existe pas, te fous pas de ma gueule. Sotte en six lettres ?
- Cruche, d’ailleurs le C marche bien pour Cabochon.
-Ouais, c’est ça. Gadidé en cinq lettre ?
-Morue, tiens, on a même le O de cabochon.
-Ho, fais pas chier. Verger mythique, en dix lettres ?
-Ben, avec le H de cabochon, t’as Hespérides qui colle pas mal

 

Et quand à la fin, avec le dernier mot, il s’avère que c’était bien cabochon, t’es content. Même si t’as pas réussi à monter ton Patrick l’Etoile de mer, le pote à Bob l’Eponge, que t’as eu dans ton Kinder.

 

 

 

Le soir aussi, c’est bien. Si y’a juste les copains, tu fais chier les barmen à commander des cocktails de sirop gratos qui leur rapportent rien, avec les goûts les plus dégueulasses (violette, anis, rose, lavande, et d’autres), et leur donner des noms, comme le Brise Touch & Fresh double effet (rose anis violette), à consommer de la manière suivante : tu sers dans un shooter, renifle, avale cul-sec, et tu as le premier effet (beurk), puis tu prends une grande inspiration par le nez. Et là, tu découvres le deuxième effet Brise (c’est assez étonnant). Puis tu fais décoller des fusées de Saddam Hussein.

 
 

Si y’a plus de monde, y’a de la musique, tu bois plus, et quand ils passent Chasse Pêche et Biture des Fatals Picards, tu chantes tous en chœur en t’époumonant. Puis tu rebois, parce que ça donne soif.

 
 

Sinon, c’est ce qui m’a fait penser au bar, y’a Big Balls, chanté en chœur par le club barbe de l’école, bien aligné le long du bar, et en français, ça donne.

 
 

Je l’aimais bien ce bar.
Maintenant, je bois même plus.

 
 

Je vais ptet reprendre les études, tiens.

Par Francis
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Samedi 8 septembre 2007

J’ai beau dire depuis un moment que je vais bosser à disséquer du dauphin, là j’ai plus de nouvelles du bureau d’études. Je me fais pas de souci, si ils ont besoin de moi, ils me rappelleront, je leur ai déjà coûté des sous, je suis un investissement. Mais même, là, je fous pas grand-chose. Et mon permis avance pas des masses. Je me fais donc assez monumentalement chier dans ma vie.

 
 

J’ai donc décidé, puisque je suis encore jeune (quoiqu’en disent les douaniers tunisiens et les contrôleurs des trains) et que je n’ai pas peur des contradictions, de me remettre aux études. J’ai la chance d’avoir un logement grâce à des parents qui risquent leur vie dans des dictatures éloignées. Ce serait péché que de ne pas en profiter, alors que plein de gens manquent de sous et ne peuvent pas étudier comme ils le voudraient, non ?

 
 

Donc, je me suis inscrit à la fac. Parce que bon, en plus, ça me permettra d’observer de plus près des jeunes (beeeeh) et la vie de la fac, qui m’intrigue d’un point de vue sociologique et de curiosité scientifique. Bah ouais, j’ai pas fait la fac, moi, si on excepte quelques mois au Québec que je sais même pas si ça compte.

 
 

La dure question qui s’est imposée à moi a été : quelle matière choisir ? Parce que bon, les sciences, qui est le domaine qui m’intéressait à la base, j’ai donné pendant cinq ans. Ca m’intéresse toujours, mais bon, revoir des trucs que j’ai fait y’a cinq ans, nan.

 
 

Tout ce qui est droit, sciences politiques, beurk. Puis y’a déjà ma sœur qu’en fait, qu’elle s’est même inscrite au PC.

 
 

J’ai longtemps voulu faire Indiana Jones : j’aurais pu faire un truc genre Histoire de l’Art, mais j’aime pas l’art. Puis ça sert à rien.

 

 

 

En fait, je voulais faire des langues. En première année de prépa, pendant qu’on rentrait des cours avec un copain en insultant le prof de bio qui nous serinait qu’on était des crottes et qu’on arriverait à rien parce qu’on s’était plantés en colle (pour ceux qui savent pas, une colle de bio, c’est on te donne un sujet, genre : le criquet, un crustacé aérien ? ou bien : la membrane phospholipidique, tu réfléchis vingt minutes au tableau en faisant des dessins et des schémas et un plan puis pendant un quart d’heure tu récites ton cours pendant que le prof observe attentivement l’intérieur de ses paupières avant de te dire « mais ce que tu viens de me dire, tu te rends compte que c’est de la merde ? » et puis c’est fini et tu pars en l’insultant entre tes dents d’abord, puis à voix haute une fois qu’il est hors de portée), je caressais l’idée de faire une fac d’anglais.

 

Ouais, parce que j’aimais bien.

 

Bon, maintenant que l’anglais est la seule langue dans laquelle je lis des gros livres sans images, je me dis que c’est plus la peine. Puis le japonais, l’arabe, j’ai des notions, alors, à quoi bon ? Et l’espagnol ou l’italien, trop simple, c’est latin. 

 

Par contre, le chinois, j’y connais rien. Mais alors queud. C’est donc un challenge. Y trouverai-je un intérêt ? Arriverai-je à prononcer un mot ? Rencontrerai-je de fougueuses asiates ? Apprendrai-je de nouvelles raisons de mépriser les jeunes ? Tant de questions sans réponse. Puis « notions de chinois », ça tape sur le CV, ça permet de dire « oui, c’est un marché qui explose, dans un contexte mondialisé, il me semble essentiel d’avoir des notions de la langue du pays qui va contrôler le monde d’ici peu »

 
 

J’ai donc décidé de m’inscrire en licence de chinois.

 

Je commence lundi.

 

Enfin, je vais essayer, parce que jeudi dernier, j’ai pris rendez-vous pour lundi 13h50 pour mon inscription administrative, et que vendredi, j’ai reçu un mail me disant ATTENTION L1 STAGE INTENSIF D INITIATION AU CHINOIS OBLIGATOIRE POUR LES DEBUTANTS DU 10 AU 21 SEPTEMBRE 2007 DE 14H00 A 17H00 EN SALLE 226C 227C.

 
 

Je n’ai bien évidemment aucune idée du bâtiment dans lequel se trouvent ces salles, et ça va être tendu de trouver en approximativement 0 minutes (un peu moins, je pense).

 
 

Mais bon, on va tenter, hein.

 
Par Francis
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Mardi 11 septembre 2007

Avant-hier, j’ai commencé à prendre des cours de chinois.

Oué.

Chuis un ouf, j’ai peur de rien.

 

J’ai pas pris japonais, parce que je sais déjà dire l’essentiel : « Condom motteru ? Piru nanderu ? Ikanahide ! ».

 

Bref.

 

Donc, j’ai commencé le chinois hier, après m’être dûment inscrit sur les registres de la fac, entouré de jeunes de partout (baaah). Me reste à m’inscrire pédagogiquement auprès des responsables de la section chinois, ce que je dois faire il y a deux jours. Si j’ai bien compris, j’étais censé y aller entre 10 et 12 heures lundi avec mon nom de famille et ma carte étudiant, sauf que j’ai eu ma carte qu’à 13h00 ce jour-là, ce qui était problématique. Mais bon, comme je le savais pas, je m’en fichais un peu, hein.

 

Et donc, lundi, pour la première fois depuis un an (enfin, y’avait les cours de code, mais ça compte pas des masses, hein), j’ai des camarades de classe.

Hu hu.

 

C’est rigolo, contrairement à ce que prétendaient différentes demoiselles sur ce blog même, ça grouille de chinoises. Pas forcément des jolies, et je suis pas convaincu que ce soient des fougueuses, mais même. Et des chinois, aussi. Enfin, autant que je puisse le deviner, hein, ptet c’est des vietnamiens en fait.

 

Pis y’a pas que des faces de citron, y’a aussi des visages pâles, plus ou moins acnéiques, jusqu’au stade de la barbe blanche. D’ailleurs, j’ai déjà pu remarquer que c’était les plus vénérables qui arrivaient le plus à la bourre.

 

Tsss.

 

Moi, j’arrive à l’heure. Ouais. Avec des feuilles de papier pour prendre des notes, même. Et un stylo, dans la poche avant de mon sac, avec mon billet de train Langogne-Paris.

 

 Oué. Parce que pour le moment, la prof, elle est canon. Elle a un nom imprononçable par un gosier occidental, mais elle est mignonne.

 

Et donc, j’ai commencé à apprendre le chinois. On a d’abord vu onze consonnes, b, p, m, n, l, f, g, k, sauf que ça se prononce pas pareil, mais pour que les français puissent essayer de lire le chinois, ils ont fait un alphabet avec nos lettres.

Alors pour vous, le b, ça se prononce p, sauf que quand tu récites, tu dis un truc genre poah, en fait, tu fais le son de la consonne et tu croasses derrière (comme une rainette verte). P, ça se prononce p mais avec une aspiration derrière (et un coassement de rainette).M, n, l, f, c’est bien, c’est comme en français.

G c’est entre g et k, sauf que k, c’est k, mais avec une aspiration aussi.

Puis on a vu d’autres consonnes, comme sh (c’est ch en français), zh (c’est dj), ch (c’est tch), et des trucs comme ça.

 

Ensuite, on a vu les voyelles, y’a le a qui se prononce à peu près a, le o qui se coasse, le e qui se dégobille, le i qui se stridule, le u qui est un ou qui fait comme la petite chouette au fond du jardin, le ü qui est un u (donc pas comme le u), puis derrière, les autres ang (qui se prononce ing), an (ann), ong (on), eng, ing (çui-ci c’est le pire, c’est un truc du genre yeung), et d’autres trucs, genre uo, ou (qui ne se prononce bien sûr pas ou mais owou ou à peu près).

 

Jusqu’ici, c’est simple, mais y’a aussi ces quatre enculés de tons de merde.

Oui, parce que ce serait trop simple, d’avoir des mots qui se prononcent d’une seule manière. Il leur fallait mettre ces quatre enfoirés de tons sur chaque voyelle. Enfin, un par voyelle.

Y’a d’abord le premier ton : tu prends la voyelle haut et tu restes à cette hauteur. Et t’écris par exemple ā.

Le deuxième ton : tu montes et tu fous un accent aigu sur la voyelle.

Le troisième : tu descends puis tu remontes. En pratique, un ă se prononce ahA (à peu près)

Puis le dernier : tu descends avec un accent grave. Là, tu prends un ton sec et désagréable pour prononcer, même des choses gentilles.

C’est plus facile de s’exprimer avec des mouvements de la main, sinon on comprend pas quel ton t’utilises.

 

On a même commencé à faire des phrases, c’est pas compliqué, c’est sujet verbe complément quel que soit la phrase, et y’a pas de conjugaison. Je sais dire (en théorie, parce qu’en pratique, avec les tons et tout, c’est relou) des trucs comme le cheval noir boit du café ou

As-tu peur des allemands ? Trop la classe.

 

Et là, on vient de se mettre aux sinogrammes. On a déjà vu les six traits de base : le con de trait en oblique vers en bas à droite, le con de trait horizontal vers la gauche, le con de trait vertical (vers le bas, hein, sinon c’est pas bien), le trait oblique vers en haut à droite, le con de trait en oblique vers en bas à gauche. Et faut pas fermer un truc avant de mettre quelque chose à l’intérieur (genre ton caractère peut plus rentrer dans un carré si t’as tracé le carré avant, soit les anciens chinois étaient très cons, soit c’est trop chargé de symboles pour moi).

 

En bref, pour le moment, je kiffe.

Comme j’ai aucune oreille, j’ai du mal, mais ça me plaît bien, les six premières heures.

Reste à espérer que ça continue.

PS : Il y a sans doute une ou des erreurs dans le titre, hein. Mais on s'en fout.

Par Francis
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Samedi 15 septembre 2007

Comme tout bon accro au blog, j'en fais jusque dans le métro. Cette note a été entamée à 01h03 sur le quai de la ligne B à Châtelet, sur un bout de tract.

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Je sais pas si je vous ai dit, mais je suis doté d'une petite frangine (méimei en chinois) communiste. Si, si, une vraie de vraie, rouge jusqu'à la pointe des dreadlocks (bon, la racine commence à brunir, mais personne n'est parfait). Elle a même sa carte du Parti, et tout.
Et là, donc, comme c'était la fête de l'Humanité, ben elle m'a forcé à payer ma place pour renflouer les caisses d'un Parti moribond, et à l'accompagner. Bon, sur ce coup, elle est un peu démissionnaire, c'est la honte pour elle que même pas elle ose aller voir le stand de sa fédération où ses poteaux son bénévoles comme elle aurait dû l'être si c'était une fille bien. Mais bon.

Donc, je suis allé à la fête de l'Huma (c'est comme ça qu'on dit, entre initiés, comme les gens de l'est avec un sale accent disent Besac pour Besançon, ou les parisiens Boul'mich pour le quartier aux putes (non je rigole hahaha)), ce qui me donne un bon prétexte pour faire une note de blog (mais je l'ai pas fait que pour ça, ho), et comme j'aime bien tenir mes promesses (quand ça ne concerne pas la recherche d'emploi ou les services à un ami), j'en profite pour en faire un article sur les jeunes, comme promis précédemment. Mais ce sera plus tard, en fait.

Car en effet, bien que la droite se décomplexe et qu'on trouve dans nos rues de plus de jeunes minets madelinistes, on trouve encore beaucoup de jeunes à la fête de l'Huma. Des vieux aussi, remarquez, et même des sympathiques, d'ailleurs c'est bien agréable de se trouver au milieu de vieux avec parfois des tronches qui font peur et de pas craindre de leur adresser la parole et de tomber sur une espèce de facho dégoûtant (oui, à cause d'une rencontre, j'ai peur de parler aux vieux).

Bref, ce joyeux mélange, ça vous met une ambiance de mariage en pleine fête de la saucisse, les vieux et les jeunes dansent sur les mêmes pistes (et les mêmes daubes, des fois) que les fédérations de province mettent à leur disposition. Pis y'a même des bandas, des autos tamponneuses et la maison du rire. Mettons que c'est le mariage de la fille du maire.


Et ce qu'il y a de bien, c'est que la fille du maire, elle a invité toutes ses copines bonnasses, et ça fait un sacré paquet. Parce qu'il faut bien avouer que la première chose qui saute aux yeux d'un homme hétérosexuel célibataire (ou pas, remarquez), c'est l'impressionnant ratio bombasses / thons de la population, nettement supérieur à ce qu'on voit dans la rue ou dans une classe de chinois. Je sais pas s'il y a une relation de cause à effet entre les idées politiques et le degré de bombitude, ou inversement, mais y'avait de la cuisse, comme diraient des amis à moi (que je ne nommerai pas, magnanime que je suis). Et comme le temps était de la partie, les décolletés avenants étaient de sortie, j'ai pas compté les hectares de poitrine dénudées, mais rien que pour ça ça vaut le coup de raquer ses quinze euros. Juste plaisir des yeux !

 

Les papilles étaient gâtées aussi, avec les stands de bouffe du terroir ou pas, et les stands de sandwichs en autogestion (tu paies le sandwich, mais ils  sont tellement débordés que c’est toi qui le fais).


Bon, soyons honnêtes, y'avait aussi le plaisir des oreilles. Parce que ouais, ils invitent pas que du caca boudin, à la fête de l'Huma. Le premier concert, on l'a raté en partie, à cause de mes cours de chinois et des kilomètres parcourus le long des stands des fédérations de tous les coins de France (mon préféré, c'est le stand qui indiquait fièrement : Le Parti Communiste Français Choisy le Roi, j'ai pas pu faire de photo et je le regrette) et des vendeurs de barbe à papa. Le temps qu'on trouve la Grande Scène, c'était presque fini, mais c'était bien : Johnny Clegg, le zoulou blanc, un peu empâté et dégarni mais plein de talent chorégraphique, pis avec une voix, aussi. Et une choriste à grosses fesses. Ca pétait pas mal.

Après, on a cherché pendant longtemps l'autre scène, qui était à l'autre bout du territoire, on a tourné, on a tourné, on s'est retrouvés à notre point de départ, on a retourné et on est finalement arrivés en plein concert de Clarika. Moi, j'aime bien Clarika. Elle joue les divas distantes avec talent, elle a une jolie voix, elle chante des chansons avec des paroles cochonnes au premier abord mais toutes jolies si tu cherches plus loin (pas toutes, hein), elle peut partir dans une interprétation hystérique d'Antisocial et annoncer au public, en mauvais anglais, qu'elle est enceinte, qu'elle a un little baby in her belly. Quand tout le monde fait Hooooo, elle continue, elle demande si on veut savoir qui est le père, et quand on dit oui, elle annonce que c'est Robbie Williams, qu'elle l'a rencontré à Londres, qu'ils sont follement amoureux, qu'ils ont fait l'amour tous les jours, toutes les heures, mais que les deux préservatifs ont craqué, parce qu'il est un very good coup, qui lui a donné very much pleasure, plein de plaisir. Annocer ça en restant classe, c'était pas évident, mais elle l'a fait. Puis elle nous a donné des nouvelles de Greg le Millionnaire, aussi, qu'il a chopé plein de meufs sur Myspace et qu'il va sortir un disque. (elle l'a rencontré dans le train, elle a fait semblant de pas le reconnaître, et il a fait semblant de pas la reconnaître).

Puis ensuite, y'avait le John Butler Trio, des super musiciens et tout, qui font des trucs supers, mais comme y'avait les Fatals Picards en même temps, ça nous laissait le choix entre aller applaudir de la bonne zique et sauter comme des boeufs en hurlant des paroles débiles, laissez-moi vous dire qu'on a pas réfléchi longtemps.

Bon, le son était tout pourri, et au début, coincé que j'étais entre un vieux à moustache qui décrochait pas un sourire et deux goths plutôt enrobées qui dansaient pas non plus, je me suis contenté de regarder sans trop faire grand-chose. Heureusement que des jeunes cons sont venus nous sauter dessus, me donnant un prétexte pour m'éloigner et me défouler. Empêcher les jeunes de te dépasser en poussant plus fort qu'eux, c'est rigolo. J'aime bien pousser les gens.
Puis ensuite j'ai sauté comme un boeuf en levant les bras comme un con de jeune et en braillant sur des paroles débiles comme seuls les Fatals savent en faire (Chasse Pêche et Biture, Mon père était tellement de gauche, Moi je vis chez Amélie Poulain).

Le lendemain a été consacré à une de mes amours, la bédé. Dommage que le débat sur la BD sociale ait duré que trois quarts d’heure, trop peu pour que Philippe Squarzoni, Kris, Davodeau, Chantal Montellier et Jeanne Puchol puissent vraiment s’exprimer. Mais bon, j’ai pu écouter un peu Kris et Davodeau aussi après, et même un peu discuter et avoir une dédicace d’un Homme est Mort (une des trois ou quatre qu’ils ont faite, wouhou)(il faut lire cette bédé). Puis j’ai rencontré une connaissance du net (enfin, elle m’a reconnu, on est otage de son succès), et on a passé le reste de la journée avec, et avec d’autres copines. Pas un seul mec, ce qui est frustrant quand on aimerait pouvoir discuter des décolletés qui passent.

Mais bon.

On a fini la journée au concert d’Iggy Pop and the Stoogees, de loin parce qu’il y devait y avoir plusieurs dizaines de milliers de personnes, alors heureusement qu’il y avait un écran géant pour le voir sauter dans la foule et inviter des gens sur scène, il a la pêche le vieux.

 

Le dimanche, j’y suis pas allé, pasque je suis allé voir ma mamie à sa maison de retraite, que c’est toujours triste et rigolo à la fois (parce que ses conversations restent toujours aussi décousues et pleines de mots inventés). Mais apparemment, le concert de Renaud était bien aussi.

 

Ptain, c’était bien, la fête de l’Huma.

 

 

Le seul  truc, c’est que tu ressors avec les cheveux tout secs. Ou alors c’est la faute à la fumée des merguez.

Par Francis
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Mercredi 19 septembre 2007

Une soirée de septembre. Peu de cours, pas de devoirs, personne à qui rendre des comptes puisque célibataire. La liberté est mienne, le monde est mien, je peux faire ce que je veux, sans attaches, sans contrainte, détaché des contingences matérielles. Tel l’oiseau, mon esprit peut s’envoler, quitter ce monde d’obligations et de responsabilités, pour errer dans les limbes du néant intellectuel.

 

 

En bref, je m’emmerde.

 

Je regarde même le foot à la télé, c’est pour dire.

 

Je traîne sur internet, en évitant soigneusement tout site pouvant proposer des offres d’emploi, j’envoie quelques messages en espérant vaguement des réponses, je fais trois lignes d’idéogrammes dans mon petit cahier à quarante centimes avec des grenouilles dessus, le plus vite possible pour retourner chauffer mes genoux à la flamme de mon ordinateur portable, et je soupire dans ma barbe en regrettant de n’avoir personne à qui dire « je m’ennuiiiie qu’est-ce que je peux faire, j’ai rien à faire », et en étant soulagé qu’il n’y ait personne pour répondre intelligemment.

 

Alors, dans mon vide social, je regarde pousser mes ongles, je secoue mes pellicules, je tâte ma dent de sagesse du coin de la langue (elle m’a percé la gencive y’a pas longtemps), j’observe les assiettes sales qui encombrent la table basse, et je pose mon ordinateur sur le canapé parce qu’il me brûle les cuisses.

 

Puis je retourne sur internet, je vérifie une nouvelle fois que personne ne m’a écrit, je constate que personne n’a réagi sur mes fora préférés, et je retourne aux occupations précédemment citées.

 

Quand soudain, l’illumination jaillit, par le truchement d’un message négligemment jeté par une connaissance paranoiaque : plutôt que faire des lignes de caractères tordus, pourquoi ne pas me remettre au tricot ? Ca fait plusieurs mois que j’ai laissé mon écharpe, et l’envie me reprend de l’achever, de saisir mes aiguilles et ma laine et de me refaire des crampes aux doigts, de créer, de faire quelque chose.

Je monte les escaliers quatre à quatre, je pousse la porte de ma chambre, je me dirige vers la cheminée sous laquelle j’avais laissé mon ouvrage.

 

Il n’est pas là.

 

Pas de panique, mes parents sont passés il y a deux mois, ils ont dormi là, et ma maman a rangé. Le tricot doit bien être quelque part, même s’il est pas dans ma chambre.

Je vais voir dans le cagibi, miracle : le carton est là, sous les manteaux, les chemises et autres fringues qui pendent dans une odeur indéfinissable.

J’attrape le sac plastique qui contient la laine, je redescends les escaliers quatre à quatre, je me jette sur le canapé, me love dans la couette qui y traîne, et je plonge la main dans l’écharpe roulée en boule que j’extrais avec bonheur et le sourire jusqu’aux oreilles : enfin quelque chose pour passer le temps utilement.

 

Il manque une aiguille.

 

Après moult recherches, elle reste introuvable.

 

Merde.

Par Francis
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Jeudi 20 septembre 2007

Bonheur et joie dans les chaumières !

 

Aujourd’hui se déroulait mon premier cours en amphi de l’année, cerné de jeunes de toutes parts. Et que du minot de chez minot, presque, tout juste sortis du cocon lycéen, que tu leur presses le nez il en sort du lait chocolaté. Limite même tu te sens pédophile à mater des culs. Quelle tristesse.

 

 

 

Ca va être dur, comme le dit mon voisin.

 

Parce que 10h30, ça fait tôt quand tu as commencé à prendre le rythme de cours à 14h00. Et que ma bonne éducation me pousse à écouter quand un prof parle, aussi insignifiant soit ce qu’il raconte. Quelle pitié.

 

 

 

Enfin, aujourd’hui, j’aurais appris à faire Ctrl-Alt-Suppr.

 

Si si.

 

Parce qu’en fait, il faut pas tenter de le faire en pressant en même temps d’un coup les trois boutons, il faut enfoncer Ctrl (la touche encadrée en vert sur la photo du clavier projetée sur l’écran, là), puis Alt (la touche entourée en orange) SANS LÂCHER CTRL puis sur Suppr (ou del c’est marqué des fois) (la touche cerclée de rouge) sans avoir lâché les deux autres, hein, sinon, ça marche pas.

 

Le temps que le prof explique ça, un torse mâle et bronzé apparaît sur son écran de veille.

 

Huhu.

 

 

 

C’eut été dommage de rater ça, quand même.

 

Et bientôt je vais apprendre à faire des mises en page sous Word, à lier des cases et à utiliser la fonction SI sous Excel, et à faire des présentations PowerPoint.

 

Wahou.

 

 

 

J’espère que j’y arriverai, ça vaut des crédits tout ça.

 

 

 

Mais bon.

 

On a aussi continué à apprendre des choses en chinois.

 

Je peux tenir des conversations hautement culturelles, telles que « Bonjour, je m’appelle Francis, je ne suis pas chinois, je suis français, je n’aime pas les anglais, j’étudie la littérature allemande, j’aime boire du café et manger de la soupe. Mon grand frère boit du thé chinois. »

 

 

 

Et je sais même un peu lire et écrire, même j’ai reconnu des idéogrammes sur un paquet de clopes japonaises, trop fier, ouais.

 

C’te classe.

 

 

ideogrammes2.jpg


Par Francis
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