Les exaltantes aventures de la vie de moi

Mercredi 4 juillet 2007
Je sais pas si je l'avais dit sur ce blog, mais j'ai essayé de m'inscrire, sur les conseils d'une gourgandine, à un IUT. Pour devenir libraire, parce que c'était ce qu'on s'était dit qu'on allait faire après l'école. Ou alors travailler dans l'édition (devenir le nouveau Didier Borg, mon idole) ou la bibliothèquerie. Parce que ouais, pourquoi pas hein, quand on glande depuis des mois, toute opportunité est bonne à prendre, puis même si on gagne le SMIC, au moins on est avec des bouquins, et j'aime bien les bouquins.

Ca a pas marché, parce qu'il fallait faire un DUT métiers du livre et tout.
Ca m'attriste un peu, parce que à cause de ça j'ai pas pu voir comment ma lettre de motivation avait été accueillie.

Parce que s'il y  a quelque chose que j'ai en horreur, c'est l'exercice de la lettre de motivation. Je sais jamais quoi dire, je me sens particulièrement couillon et menteur en prime.
Après un début que j'ai mis des heures à retourner pour faire un truc tout pourri, j'ai fini la lettre en trois minutes, en me lâchant plus, et j'étais curieux de voir si ça me desservirait ou pas.

J'ai donc commencé par un poli

Madame, Monsieur

(Jusque là, je sais que c'est déjà pas top, mais j'avais aucune idée de si c'est une gonzesse ou un bonhomme qui s'occupe des candidatures)

Elève ingénieur récemment diplômé
(tu parles) à la recherche d'une nouvelle formation, je suis très (hou mais à quel point tu t'imagines même pas) attiré par la possibilité offerte par votre établissement de me mettre d'ores et déjà en contact avec le monde du travail par le biais de l'alternance (pour laquelle je commence déjà à chercher des pistes (bien sûr) et par les responsabilités que cela implique. (oui, je suis fan des phrases que tu mets dix plombes à lire)
Bien entendu, je suis comme toutes les personnes intéressées par les métiers du livre passionné par tout ce qui se publie dans tous les domaines, et j'essaye de suivre toutes les sorties au plus près.
Jusque là, je pense que vous serez d'accord, c'est très nul, sans parler du côté dégoulinant de miellerie obséquieuse faux-cul . Comme ça me prend à chaque fois des heures à écrire de la merde comme ça, j'ai décidé de finir en essayant d'être sincère et honnête, et j'ai fini d'un trait de bic acéré.

Je souffre en plus d'une tendance compulsive à tenter d'inciter tout le monde à partager les lectures que j'apprécie ou vénère, et je pense que cette formation me permettrait de transformer  en un métier plus profitable que le RMI (aussi bien pécuniairement que sur le plan de l'estime de soi) ce penchant qui se révèle sinon un lourd handicap social.
Je pense donc être un candidat de choix pour cette formation, promis à illuminer ce monde tel un phare de culture dans la triste tempête de l'ignorance générale.

Cordialement,

(paraphe illisible)


Bon.
Comme ma formation de base était pas celle qu'ils voulaient, la réponse a été "va te faire voir, péquenaud d'agronome de mes couilles, on t'encule toi et ta famille jusqu'à la neuvième génération, de toute façon t'es qu'un trou de balle mal torché, va mourir". Je brode un peu, bien sûr.

Mais bon, j'aurais quand même bien voulu savoir ce que ça aurait donné, si la candidature n'était pas non-valable.
Même si je sais plus si je l'aurais fait.

Ho, puis en fait, on s'en fout, j'ai envie de pisser, je publie et j'y vais.
Par Francis
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Mardi 17 juillet 2007
Et là, c'en est un.

Mais commençons donc, comme à notre habitude, par une petite phrase de celles qui expriment en quelques mots concis comment que leur auteur est prêt à devenir prof de gestion des zones côtières (comprenne qui pourra, Guytou j'te kisse).

(une petite inspiration pour se donner le courage de lancer une assertion qui va bouleverser le monde)

La vie va de peines (voir article précedent) en petites joies simples, de celles qui illuminent notre quotidien d'une lueur salvatrice.

(pas mal, hein ?)
(non, en effet)

Aujourd'hui, allons pour les petites joies. Non seulement j'apprends que Folie Privée est déjà passée ici (hiiii mais j'ai rien à me mettre), mais en plus, j'ai gagné à un concours sur internet ! Si !
Là, j'exulte.

Bon, c'est le sixième prix, des autocollants, mais quand même, je reçois un mail de Miss Gally pour me prévenir, toutes ces célébrités sur mon blog et dans ma boîte mail, ça me rend tout chose, c'est mieux que ceux de Benjamin Henderson, même si lui met des images dans ses mails (des comme en dessous)

img66.jpg
(j'ai dû chercher dans mes spams, je vous rassure).

Puis j'ai perdu du poids.
500 grammes, facile. 500 grammes de cheveux, que ma maman m'a coupé. Parce que ma maman et mon papa sont arrivés de Tunisie, avec ma ptite soeur, pour éplucher les factures, me faire comprendre que je m'occupe mal de la maison, et ne pas me laisser de temps pour faire une note bien, mais ça viendra, hein.
On a battu notre record, en dix minutes on s'engueulait déjà (mais gnagnagna t'aurais pu aller acheter à bouffer, mais nan j'attendais ce connard d'ouvrier qui doit récupérer ses pots et ses escabeaux et ses machins je pouvais pas laisser la maison), après quoi ils ont bouffé ma salade oeuf-tomate-oignon sans rien en dire (pourtant elle était bonne), et on est allés s'engueuler au café.

Puis ma coloc est revenue faire sa réflexion désobligeante, comme quoi la venue de mes parents m'infantiliserait (garce), mais je lui ferai payer d'une manière ou d'une autre, la vengeance est un plat qui se mange froid donc je savoure par avance, tu perds rien pour attendre, tiens, puis c'est pas que ça m'infantilise, c'est qu'ils ont cette faculté étrange de réussir à me faire chier en une phrase et que ça ne me laisse le temps de réagir qu'en étant désagréable (papa, si tu lis ça, alors que tu n'es pas censé le faire, je ne te félicite pas. Puis je te ferai remarquer que ta manière de sortir ton Palm à tout bout de champ me paraît à moi beaucoup plus puérile, on dirait un môme avec sa Game boy qu'il a depuis hier. Moi, au moins, quand je râle, je peux passer pour un ado rebel de la laïfe).
Tiens, ayé, me suis vengé, elle est arrivée pendant que je rédigeais ce modeste billet à votre intention, amis lecteurs.
Encore un petit bonheur.

Bon, ben maintenant, je vais pouvoir me mettre au lit, enfin sur le matelas nu du canapé parce que j'ai dû laisser mon lit avec ses draps collants à mes parents, je vais me glisser dans mon sac de couchage qui doit encore être imprégné de l'odeur de la mousse à raser dont il a été rempli quand j'étais dedans pendant le week-end d'intégration (hooo un scoop pour ceux qui n'ont pas fait d'école d'ingénieur, comme quoi le niveau de l'humour n'augmente pas avec le nombre d'années d'études), et je vais poser ma tête sur le mol oreiller sur lequel cette chère coloc avait posé ses bottes et ses tennis, sans doute histoire de ne pas les abîmer sur le parquet poussiéreux (mauvaise langue, moi ?), et je vais te me faire mon petit dodo et transpirer dans cette saleté de sac.

Bien à vous, amis qui me suivez, une des prochaines notes sera peut-être intéressante, ne désespérez pas, comme Emma Bovary. Toujours suivre l'exemple d'Emma, dans une certaine mesure.
Par Francis
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Mercredi 18 juillet 2007
Alors de un, ouais chuis fier de mon jeu de mot, je l'ai trouvé tout seul.

Puis de deux, ouais, c'est vrai, je ne me sens jamais aussi éloigné du sexe opposé que lorsque j'accompagne de leurs représentantes (en l'occurence, ma maman et ma petite soeur) faire les magasins. Et que je sors du métro, ho un magasin vite vite il faut que j'y rentre  farfouiller dans les bacs voir si je trouve pas LE soutif à 3€ dont je rêve depuis des années. Et ça recommence à chaque boutique.
Et dans Paris côté Denfert, y'en a des boutiques. Alors je traîne dehors en attendant que ça se passe, et en regardant la vitrine de la boutique de Philippe Sella, parce que moi je suis un mec un vrai, qu'aime le rugby, un cultivé en plus, qu'hésite pas à attendre ces dames à la terrasse du bistrot en lisant Harry Potter en VO tout en sirotant un Coca tranche à 4 euros.

J'ai vraiment du mal à comprendre cette obsession féminine pour le dessous, qui les fera chercher des heures pour un truc qui est par définition caché aux regards (merde, c'est ma mère et ma ptite soeur, hein. Et je rejoins les Garçons Bouchers à ce sujet, voir la chanson 6 de la radio de Cha).

Heureusement que je cherchais des godasses, sinon l'après-midi aurait été douloureuse. Mais moi pour les grolles j'ai une technique infaillible : je regarde les modèles, si y'en a qui me plaît hop je regarde si y"a ma taille, comme y'a pas on sort, en deux minutes c'est expédié, et j'irai en acheter en Lozère, comme depuis des années. Mes pieds délicats n'acceptent que le cuir qualité "Gémo Langogne".

Puis malgré tout, j'ai découvert des trucs intéressants, comme le T-shirt compacté de chez Muji, que les vendeuses peuvent assommer les bandits de grand chemin avec. C'est un peu la honte, de se faire assommer avec un T-shirt, même un aussi contondant que ceux de Muji, qui doit sponsoriser l'Intifada en Palestine.

Sinon, faut croire que cette après-midi shopping a également réveillé la bête en moi. Moi qui suis généralement le dernier à remarquer les jolies filles qui passent, que quand un copain me dit "Téma, t'as vu les nichons de la meuf comment qu'elle est trop bonne ?", normalement, ma réponse est "Hein ?", parce que non, je l'ai loupée et quand je me retourne y'a juste un gros touriste américain en bermuda, ben là, aujourd'hui, jour de soldes avec les femmes, j'ai remarqué plus de profils callypiges que de raison (la callypigie se remarque mieux de profil que de face, c'est une simple question de vision en trois dimensions).
Par ailleurs,j'ai aussi observé plus d'accortes poitrines généreusement offertes à mon regard pervers qui s'y abandonnait sans complexe et sans passer par la case regard bovin (en général, plus la teneur en mammelle  est importante, plus il y a besoin de sang pour l'irriguer qui n'est pas disponible pour le cerveau, c'est pas sexiste c'est scientifique).

Dans l'ensemble, une bonne journée donc. J'ai même réussi à placer "pichrocholine" et "coruscant" dans une discussion avec mon popa.
Par Francis
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Mercredi 25 juillet 2007

Cher blog,

Comme je suis heureux !

C’est le coeur empli d’une joie irrépressible que je nous voyais filer, moi et ma famille aimante, vers notre magique petite île de Bréhat, les sombres anglaises de mon petit frère et les écarlates dreadlocks de ma petite sœur claquant dans le vent engendré par la vitesse que ses 150 chevaux procuraient à notre 4x4 Rav 4 16 soupapes 1 litre 6 qui dépassait à vive allure les verts bocages et les grises zones industrielles bretonnes tandis que l’intérieur de la voiture résonnait de nos chants joyeux (Les filles de Camaret se disent toutes vierges, mais quand elles sont dans mon lit, elles préfèrent tenir mon vit qu’un cierge, qu’un ciergeuuuu qu’un cieeee-eeer-geuuu) et de nos conversations empreintes d’amour fraternel ( Mais bouge, je peux pas mettre ma ceinture, t’es handicapé ou quoi ? Mais non, c’est ton gras qui gêne), provoquant la joie irrépressible suscitée au début de cette phrase un poil trop longue, en même temps j’ai jamais été fichu d’en faire des courtes, même si l’important, c’est pas la taille c’est le goût, comme dit l’autre, j’espère qu’elle n’était pas trop sucrée.

 

Hum.

 

Une fois de plus, une tentative de faire dans la note touchante et empreinte de romantisme a avorté au bout de cinq lignes.

 

Pas grave, reprenons.

Comment rendre par de simples mots l’émotion qui m’étreint la poitrine lorsqu’au détour d’un virage, apparaît Bréhat, entourée de sa multitude d’îlots, toujours identique et toujours différente, selon la marée, la lumière ou la pluie ?

Comment décrire l’attente impatiente sur la cale, tandis que les touristes évacuent la vedette que je vais emprunter, sur laquelle je vais monter en ignorant superbement la main tendue du matelot (mais en disant bonjour, ma maman m’a bien éduqué) pour bien montrer que je suis pas un de ces gros bœufs de touristes, moi, je suis capable de monter tout seul, j’ai le pied aussi marin que le lieutenant Bush, d’ailleurs regardez, je me mets à la proue, les sacs à mes pieds, le regard fièrement perdu dans le vague vers l’avant, qu’il pleuve ou qu’il vente, sans rien dire, car un vrai marin comme moi se doit d’être taciturne, puis rien dire, ça prouve bien mon éternel attachement à cette terre rude et exigeante qu’est Bréhat qui mérite mon attention pleine et entière, et je ne quitte pas l’île des yeux de tout le voyage, les dents serrées.

 

Une fois arrivé sur l’île, l’essentiel pour se distinguer du troupeau de gros bœufs de touristes est d’aller jusqu’à la maison à pied, avec les gros sacs sur le dos, en marchant vite et en négligeant de regarder le paysage paradisiaque qui s’étend sous nos yeux jamais blasés (mais ça faut pas le montrer), sauf pour remarquer à l’attention de la famille le moindre gravillon déplacé, parce que ça prouve bien qu’on est pas des gros bœufs de touristes et qu’on connaît l’île par cœur, encore mieux que Mélina ne connaît son village, d’ailleurs la Bretagne c’est quand même nettement mieux que le sud, et ça dérange même pas qu’il pleuve de temps en temps, s’il pleut, on se protège pas, ça impressionne le gros bœuf de touriste et tant pis si on doit avoir la crève derrière et se moucher toutes les deux minutes et renifler et avaler tant de morve que ça fait roter, au moins on se la sera pétée devant ces gros bœufs de touristes en K-way alors que c’est rien qu’un petit grain de rien du tout, quoi les gouttes sont assez grosses pour assommer des goélands ? Ptain mais tu vaux pas mieux qu’un gros bœuf de touriste, c’est rien ça c’est pas comme la tempête de 73, là c’était quelque chose, y’a même un bateau qu’a fait naufrage, ça c’était le bon temps, ils savaient faire des vrais grains à cette époque, c’est pas comme maintenant, tout fout le camp. Quoi j’étais pas né à cette époque ? Ben je le sais, mais même, je regrette si je veux et non, je ne claque pas des dents, c’est une technique népalo-costarmoricaine d’assimilation plus efficace de l’iode vivifiant de ce climat breton, ça ravigote.

La vache, ça ravigote sa mère, même.

 

Je vais mettre un pull, tiens.

 

Mais c’est pas pour autant que je vais me laisser faire par ce climat, hein.

C’est l’été, je fais des activités estivales : je taille les rosiers, je porte des tables, je regarde les femmes faire la cuisine, je m’assieds par terre pour désherber en lisant Harry Potter (‘tain, je l’ai fini cette nuit à 2 heures du mat’, pas de doutes, y’aura pas de suite), et je peste contre ces coefficients tout pourris qui m’empêchent d’aller me baigner dans une eau à 16°C (289 Kelvin, quand même) ou d’aller pêcher des ormeaux gros comme ça, tant pis, tu ramèneras des tourteaux du bourg maman ?

 

Bon, je vais m’arrêter là, je crains que mon pauvre ordinateur ne souffre de la température.

Par Francis
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Dimanche 5 août 2007

En ce beau jour d’aout, pour mon voyage de 6 heures vers la Lozère de mes ancêtres, la SNCF me fait le plaisir de m’installer dans un wagon affligé d’un specimen d’une varité humaine rare dans nos contrées : le jerk. Pas celui qu’on danse dans les cafés lozériens, non.

 

Le jerk a 26-17 ans. Il est blond, avec une coupe à la mode des années 80, ou peut-être dans les contrées les plus reculées du Midwest américain : ras sur les côtés, un peu plus long dessus, et une petite queue sur la nuque qui donne envie de saisir une paire de ciseaux et de la couper pour la lui introduire dans un orifice naturel conçu pour d’autres usages.

 

Le jerk pense à mettre en valeur sa musculature de moineau avec un bracelet de force au poignet droit et un débardeur noir. C’est mignon.

 

Visiblement, soit il s’épile sous les aisselles, soit il n’a pas encore de poils.

 

Afin de se faire reconnaître en tant que tel, le jerk hausse sa voix fluette (la mue ne doit pas être terminée) pour essayer de faire croire qu’il a une capacité pulmonaire de plongeur philippin, malgré les six ou sept cigarettes au menthol qu’il fume par jour, car c’est un rebelle qui aime transgresser les interdits. Moi, j’aime pas les rebelles.

 

Il est accompagné, fait amusant, de deux autres variétés que j’éxècre également (oui, exécrer est un passe-temps comme un autre, certains collectionnent les timbres, moi les catégories humaines à éliminer. Serai-je un grand sociologue dans l’âme, le futur Bourdieu ? Ou le futur Goering, peut-être. Je devrais faire attention, j’ai pas envie d’avoir à émigrer en Argentine, je supporte pas les latinos).

Mais reprenons sur les deux catégories à exécrer : le gringalet à bouc, catégorie « 5 centimètres de long sur le bout du menton », et cheveux longs en chignon, probablement qu’il le genre à écouter Tryo, à plaquer trois accords sur une guitare avec des étiquettes à slogans anti-OGM et à jongler dans les rues, en attendant d’avoir son bac pour faire prépa HEC à Henri IV et polluer mon espace visuel dans le métro en y traînant en costard-cravate et attaché-case en cuir, mais toujours avec son bouc.

 

Le dernier du groupe est une dernière : l’archétype « fille mignonne-joli petit cul-lèvres pulpeuses- sourire charmant sur dents blanches- coiffure à 50 € comme Jenifer de la Star’Ac- bracelets artisanaux achetés au pakistanais à Châtelet ». Pile-poil la pimbêche qui n’adressait pas un regard à l’intello binoclard ventripotent énamouré que j’étais au lycée (et que je suis resté, dans les grandes lignes, sauf que maintenant je fais partie de la hype, j’ai un blog).

 

Merci SNCF pour ce petit moment de haine anti-djeunes que tu m’as procuré, c’est toujours agréable.

Par Francis
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Mardi 7 août 2007

Jeudi dernier, j’ai quitté mon île chérie. C’est triste, mais y’a des compensations. Par exemple, j’ai un bob.

Oui, parce que mon papa, sur le port, a décidé qu’il lui fallait des chaussures neuves, là, d’un coup. Une envie, comme ça. Il est pas enceinte, pourtant, hein. Mais bon.

Donc, il veut s’acheter des chaussures sur le port, alors il va à la biscuiterie-produits du terroir.

Etrangement, il n’en sort pas avec des chaussures, mais avec un bob vert, que je lui fauche immédiatement pour l’essayer, parce que « il est trop beau, je l’veux, tu me le donnes dis dis dis ? » (OK, soit, je régresse des fois avec mes parents).

Suite à cette tirade, ma maman, dans un élan d’amour maternel impromptu, et parce qu’il ne coûtait que dix euros, décide d’aller me chercher un bob, dont je me serais bien passé, vous vous en doutez.

Comme il coûtait dix euros, Titesoeur, qui depuis qu’elle est communiste a décidé qu’on devait vivre comme des déportés du goulag bien qu’on soit pas exactement dans une misère noire avec deux parents qui bossent (beaucoup quand même, je vous rassure) à l’étranger (j’essaye de lui faire comprendre que ce ne serait pas décent vis-à-vis des vrais pauvres de ne pas utiliser des sous qu’on a, mais elle est rétive à mes vues la bougresse), Titesoeur, donc, s’est mise à crier par la fenêtre de la voiture « Mais non achète pas, il en veut pas, il le mettra pas, mais ça sert à rien, il le veut pas », mettant la totalité de l’Arcouest (c’est le port) au courant de mon caprice (même si elle avait pas totalement tort, sur le moment).

Son ton de panique hystérique ne m’a que moyennement plu, et j’ai donc décidé de porter ce bob surtout en sa présence.

 

Donc, maintenant, j’ai un bob.

 

C’est laid, soit (bien qu’il manque le logo Ricard pour faire complètement beauf), mais je lui ai quand même trouvé des avantages, à mon bob.

 

De un, les gens me prennent pour Mélina Loupia dans la rue et viennent me quémander des autographes en s’écorchant les genoux sur le goudron lozérien (oui, là je suis en Lozère, j’en parlerai sans doute plus tard).

Nan, en fait, c’est pas vrai, hahaha, riez pas tant, et mouchez vos nez, vous mettez de la morve sur votre écran, vous pourrez pas lire la suite, ce serait vraiment trop dommage.

 

De deux, si je ne remonte pas les bords pour avoir l’air con et fiche la honte à Titesoeur et qu’à la place je l’enfonce sur mon crâne pour avoir l’air con et fiche la honte à Titesoeur, j’entends mal les gens, mais par contre le son mélodieux de ma propre voix est amplifié dans mes oreilles délicatement ourlées et au lobe parfaitement dessiné, et y résonne délicieusement.

Or, je pense que ça transparaît dans ma manière d’écrire, j’adore m’écouter parler. Maintenant, ce plaisir est multiplié, c’en est limite orgasmique.

 De trois, ça cache la coiffure ratée que m'a fait ma maman, et ça m'évite d'avoir à me laver les cheveux, ce qui est un avantage quand on est une vingtaine à se partager deux douches.

Le quatrième avantage que je vois au bob, c’est le fait qu’il me donne l’air benêt, voire idiot. Ceci me permet de partir avec un a priori défavorable dans l’esprit de la majorité des gens de bonne compagnie, qui seront donc estomaqués par mon esprit aussi vif qu’une loutre de mer dans un herbier à zostères, esprit qui, comme dirait Brice de Nice, me permettra de le casser comme une palourde sur mon bidon (si, avec un caillou). Ou, à défaut, de le casser après moult cogitations sur mon blog.

bob.jpg

Par Francis
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Jeudi 9 août 2007

Parmi ces petites choses qui font mon bonheur quotidien, il y a le fait que je fais partie d’une famille relativement nombreuse.

Du côté de mon père, déjà, qui a un frère et quatre sœurs qui nous ont fourni deux cousins et trois cousines. Mais ce n’est rien à côté de la famille de ma mère : aujourd’hui, en Lozère, y’avait pas tout le monde et on était un peu plus d’une vingtaine à table (sous la pluie, mais bon, on est des warriors, baby).

Que de la famille directe : ma grand-mère et sa descendance sur trois générations. Mais ma grand-mère a plusieurs sœurs (et un frère, je crois), qui ont elles-mêmes des gosses qui ont des gosses, dont certains ont des gosses. Ca fait un beau foutoir dans lequel je me perds à peu près totalement, on découvre des nouveaux cousins chaque année, puis y’a les amis de la famille qui s’en mêlent, qui eux aussi ont des gosses, si bien que les jours de marché on ne peut pas faire trois pas sans croiser quelqu’un qu’on reconnaît et qui nous reconnaît (ou pas), à qui on fait les traditionnelles trois bises, en évitant de donner un prénom.

 

Dans l’absolu, j’aime bien, malgré les problèmes de couchage engendrés, qui font que je passe rarement deux nuits de suite dans le même lit, au gré des arrivées des cousins et sines et de leurs moitiés et marmots respectifs. De toute façon, tous les sommiers ont cinquante ans, et ça fait belle lurette qu’on a pas vu de matelas confortables dans la maison.

 

Mais ce qui fait mon malheur, c’est que cette famille est essentiellement matriarcale : mon grand-père est mort depuis vingt-deux ans et ma mamie n’a eu que des filles. Et même si ces dernières ont été équilibrées (en tout, six garçons et six filles, de huit à trente-cinq ans), il reste que le taux d’œstrogène global dans la famille est un peu trop élevé, et  c’est particulièrement casse-couilles (sans mauvais jeu de mots). Dans une famille normalement constituée, les hommes mettent les pieds sous la table et les femmes restent aux fourneaux, c’est dans l’ordre des choses. Là, elles sont aux fourneaux, mais elles réclament que l’on fasse la vaisselle !

 

Merde, alors.

 

Il règne dans cette famille un féminisme rampant du plus mauvais aloi, que ces harpies ont tenté d’inculquer à leur progéniture, étant donné qu’elles tenaient déjà la dragée haute depuis des décennies.

Certains de mes cousins se laissent faire, mais je ne baisse pas les bras.

Elles font ce qu’elles peuvent pour me brimer, les bougresses, toujours sur mon dos, à  m’empêcher de taquiner le ballon si il y a le moindre de leurs chiards à cinquante mètres à la ronde, à m’empêcher de m’exprimer « Mais arrête de chanter, y’a les bébés qui dorment ! » alors que je faisais la vaisselle (enfin, j’essuyais, quoi, pendant qu’une gonzesse lavait).

Et alors ? S’ils se réveillent, ces gosses, c’est parce que vous les avez mal endormis, mauvaises mères (tantes, mamies, arrière-grand-mère, cousines) ! Puis c’est vous qui les avez fait, j’ai rien demandé, moi !

 

Et je ne chante pas plus fort que vous parlez, sauf que vos conversations sans intérêt  s’adressent à une personne seulement, alors que ma chanson (Général à Vendre, Francis Blanche) est destinée à tous. Même décibels, plus de public, une moyenne sonore moins importante par personne. Efficacité, quoi. Mais ça, va l’expliquer à une gonzesse.

 

Toujours à réclamer, toujours les mêmes choses : fais la vaisselle, range, fais ton lit, va faire les courses…

Ca peut paraître anodin, mais chez moi, elles sont fortes les gonzesses. Ces quatre thèmes forment 80 % de leurs conversations sur 16 heures de journée. Le reste c’est « Chhhhh moins fort les bébés dorment ». Balèze, quand même. Pour trouver une phrase qui ne soit pas un ordre, faut tendre l’oreille, hein.

En plus, y’en a aucune qui comprenne mon humour fin et distingué. Si c’est pas Florence Foresti, c’est pas drôle. Un manque si total de second degré est épuisant.

 

Mais bon, je fais avec, en résistant. Je renâcle, j’ironise, je suis le plus désagréable possible, je tape mes notes de blog pendant que les autres mettent la table, mais je reste.

 

Parce qu’elles font bien la bouffe quand même, faut le reconnaître. (Même si chaque année c’est les mêmes menus hin hin).

Et ça, ça vaut bien de supporter leurs remontrances, brimades, réclamations et geignardises.

 

Je vais encore prendre cinq kilos cette semaine.

Par Francis
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Lundi 20 août 2007

Autant vous prévenir tout de suite, c’est avec difficulté que j’écris les lignes qui vont suivre. La douleur est intense, la souffrance sans commune mesure avec ce que j’ai connu par ailleurs.

 

Mais je vais quand même le faire.

 

J’étais jeune et fou.

 

Je vivais ma vie sur le fil du rasoir, le danger était mon pain quotidien, l’adrénaline ma drogue. Le lendemain m’apporterait ce qu’il m’apporterait, a dieu vatt, comme disent les bretons (enfin, certains. Pas tous, hein. Mais par exemple, le type qu’on a radié du club Barbe pour attentat à l’intégrité capillo-torsienne d’un autre type, lui pourrait le dire. Même s’il a une barbe de puceau.)

 

Un exemple : j’ai fait un stage en exploitation agricole, avec des vaches pleines de cornes et de bouse collée au cul et des tracteurs pleins de trucs en métal rouillées et des moissonneuses  et de la paille pleine de poussière que je trimballais à la fourche, sans avoir fait mon rappel de tétanos ni m’être fait désensibiliser de mon allergie à la poussière de paille. Je jouais avec ma vie, quoi. Même chose en stage sur bateau de pêche plein de câbles, de couteaux, de homards et de tourteaux. Chuis un ouf, quoi.

 

Mais je suis allé trop loin.

 

Je me suis rongé la peau autour des ongles.

 

Je ne réalisais pas que je risquais d’en crever.

 

Je suis pas passé loin. Un matin, je me suis levé avec le doigt qui tirait, et qui devenait rouge et vert et enflé à côté de l’ongle de mon majeur droit (mon doigt le plus important, en plus !).

Panaris.

En phase d’invasion par des staphylocoques. Encore deux jours, et c’était la phase de collection, qui aurait été suivie par une attaque des tendons, puis de la main entière, pour finir par une septicémie qui m’aurait emporté après une agonie douloureuse et glauque, ne laissant plus que leurs yeux pour pleurer à ma horde de fans en folie, qui auraient réclamé des funérailles nationales qui auraient coûté bonbon au contribuable.

 

Heureusement pour vous et moi que j’ai un cousin médecin qui était en vacances à ce moment-là, qui a fait son diagnostic rapidement et m’a prescrit des antibiotiques et des bains de doigt dans l’hexomédine et puis qui m’a fait mon vaccin pour le tétanos. Pour une fois qu’il sert, il sert vraiment.

 

Ouf.

 

C’est bien pratique, des fréquentations médecins. Il me faudrait un cousin plombier, maintenant, ça éviterait des frais aussi.



UPDATE : ayé, guéri. En plus, j'ai pas rongé mon ongle, pour pas manger de staphylocoques, ça fait que j'ai un bel ongle sur dix, maintenant.

Et en tous cas, ça m'aura évité d'avoir à faire la vaisselle.

Je suis vraiment un gros ongulé.
Par Francis
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Mardi 21 août 2007

S’il est une tare qui m’afflige, je le reconnais, c’est que j’ai une nette tendance à penser du bien des gens. Ca m’a particulièrement handicapé dans mon enfance, quand j’aimais bien jusqu’aux profs les plus honnis de mes camarades. Afin de conserver des amis (si, si, j’en avais quelques uns), j’ai dû apprendre à dire du mal des gens que j’aimais bien.

Ca me poursuit encore aujourd’hui. J’ai détesté un seul de mes profs d’école d’ingé, celui qui avait le mieux su me discerner (il avait mis sur ma copie « c’est pas avec une désinvolture pareille que vous trouverez un job » et il avait raison).

 

Ca m’énerve, j’ai l’impression d’être neuneu par rapport aux gens qui traînent des haines tenaces, j’ai l’impression de n’avoir aucun discernement envers les gens, et j’aime pas me sentir inférieur comme ça.

Pour compenser, j’ai décidé d’avoir des préjugés. Ca facilite les choses pour en dire du mal (particulièrement de ces sales anglais et de ces jeunes exécrés), et donc pour continuer de me trouver des amis, ce qui peut toujours être utile (même avec une famille nombreuse, on y trouve pas forcément un avocat, un plombier, un mécano, un architecte, toutes relations utiles par les prix qu’ils peuvent pratiquer pour leurs amis).

 

Mais hier, dans le parc de Langogne où on promenait mon petit cousin de deux ans avec un autre cousin, on est tombés sur un bonhomme qui s’est très rapidement avéré antipathique. De prime abord, c’était juste un vieux bonhomme comme Langogne en regorge, avec des cheveux blancs et une vilaine peau pleine de vaisseaux éclatés.

On allait regarder la rivière avec le petiot, et il nous a adressé la parole pour nous demander si on était du coin, et si on avait vu le niveau du Langouyrou récemment. Poliment, on répond qu’on est pas vraiment du coin, on discute inondation une minute, puis on remonte, le bonhomme sur nos talons.

On passe alors devant des chiottes publiques, décorées de peintures de mômes de l’école primaire, et de trois graffitis, et le gars commence à râler sur l’état des chiottes, qui sont dégueulasses et pleines de mouches.

 

Jusque là, ça va encore. Puis il crache : « Pourtant, la municipalité a toujours été à droite. On a pas de gauchistes, y’a pas d’étrangers ici. C’est pas comme dans le 93, y’a pas d’arabes ! »

 

Ca fait un drôle d’effet d’entendre ça d’un vrai quelqu’un, pas à la télé. Et pendant qu’il déblatérait que lui, il était du 77, mais qu’il avait des enfants enseignants dans le 93, enfin le 9-3, qu’il connaissait le problème, notre putain de traîtresse de bonne éducation ne nous a pas permis de faire autre chose que de continuer à marcher en lui tournant le dos. Je me suis même surpris (dégoûté, en fait) à émettre une espèce de réponse sous forme de grognement et à marmonner un froid au revoir, alors qu’il continuait à nous adresser ses saletés, tout content d’avoir un public.

 

C’est vraiment bizarre de tomber sur quelqu’un de complètement pourri de dedans la tête. Ca donne une sensation de s’être sali rien que de lui avoir adressé la parole, ça donne envie de se boucher les oreilles à tout ce qu’il ajoute et de boucher celles du môme avec qui tu es pour pas qu’il soit contaminé, et ça coupe complètement le sifflet. On était assez interloqués, avec mon cousin.

 

Ce n’est qu’après coup que je me suis dit que j’aurais dû lui rétorquer que s’il y avait des arabes à Langogne, c’était nous, avec notre grand-père libanais et toute ma primaire au Maghreb… C’est toujours comme ça les répliques sarcastiques, ça vient après. Mais sur le moment j’avais juste envie de m’éloigner de ce monsieur, de sa belle chemise et de ses veinules explosées sur le visage.

 

Ceci dit, grâce à ce vieux (puisse-t-il claquer d’une crise cardiaque le plus tôt possible), j’ai découvert que mon subconscient était du même avis que mon conscient. J’ai rêvé que ce vieux se faisait casser la gueule par un nain bossu (par contre, pourquoi un nain bossu, mystère), et que j’en étais content.

Par contre, ça me déprime un peu que mon subconscient ne me pense pas à la hauteur de lui casser la gueule moi-même.


Par Francis
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Mercredi 5 septembre 2007

Je ne suis pas du genre à m’étendre inconsidérément sur la douceur du passé (bien que je sois profondément convaincu que la meilleure partie de ma vie est derrière moi), n’empêche que là, j’ai eu comme une petite madeleine de Proust sonore.

 

Oué, en écoutant Big Balls, d’AC/DC.

 
 

Moi qui vis désormais en reclus sur mon canapé à côté de la télé, qui ne mange que lorsque le groulement dans mon bidon se fait rauque et profond comme le cri d’un sanglier mâle qu’on égorge, Big Balls m’a fait quasiment monter les larmes aux yeux.

 
 

Hééééé oui, le bar de ma douce école me manque. Elle était bien, cette école, pour les casaniers comme moi, y’avait tout sur place, on avait pas besoin de sortir : y’avait la BDthèque (essentielle à l’équilibre mental), le ciné-club (les membres pouvaient manger gratos les bonbons), la cantine avec des gens sympas qui servaient le manger, le gymnase pour jouer au badminton en chantant Jeanne et Serge, la boîte, même des amphithéâtres pour recevoir une précieuse éducation sur l’évapotranspiration, le rut du cochon ou la microéconomie. 

 

Et donc, le bar.

 

Pas que j’y sois beaucoup allé durant les deux premières années, mais la troisième, plus.

 
 

Et ça fait un tas de chouettes souvenirs, en fin de compte. Le local, d’abord : la pièce presque toujours dans un demi-jour, les volets fermés, les murs peints par les artistes du campus, les fauteuils bancals en cuir élimé, les sofas où tu t’enfonces jusqu’à avoir les genoux au dessus des yeux, le carrelage constamment collant de la bière de la veille malgré les efforts des barmen pour le nettoyer de temps en temps, le comptoir couvert de journaux, de cendriers,et d’instructions de montage de jouets Kinder.

 

Parce que quand tu allais y prendre un café dégueulasse, après avoir bouffé, fallait prendre un Kinder Surprise, que le barman fallait qu’il t’apporte la boîte pour choisir, parce que si tu choisis pas toi-même et que le cadeau te plaît pas, tu payes pas. J’ignore l’origine de cette tradition, mais elle vient pas des barmen. D’ailleurs, en général, je payais pas, parce que j’avais mon compte et tout, ma note était tenue sur une carte postale de Loisel, même. Et je le mettais souvent sur le compte d’un copain,le café, de toute façon.

 

Le midi, à la pause café, c’est aussi la pause mots-fléchés d’Ouest-France, l’occasion de briller en société :

 

-Pierre non taillée, en huit lettres, commençant par C ?
-Cabochon, que tu réponds.
-Mais n’importe quoi, ça existe pas, te fous pas de ma gueule. Sotte en six lettres ?
- Cruche, d’ailleurs le C marche bien pour Cabochon.
-Ouais, c’est ça. Gadidé en cinq lettre ?
-Morue, tiens, on a même le O de cabochon.
-Ho, fais pas chier. Verger mythique, en dix lettres ?
-Ben, avec le H de cabochon, t’as Hespérides qui colle pas mal

 

Et quand à la fin, avec le dernier mot, il s’avère que c’était bien cabochon, t’es content. Même si t’as pas réussi à monter ton Patrick l’Etoile de mer, le pote à Bob l’Eponge, que t’as eu dans ton Kinder.

 

 

 

Le soir aussi, c’est bien. Si y’a juste les copains, tu fais chier les barmen à commander des cocktails de sirop gratos qui leur rapportent rien, avec les goûts les plus dégueulasses (violette, anis, rose, lavande, et d’autres), et leur donner des noms, comme le Brise Touch & Fresh double effet (rose anis violette), à consommer de la manière suivante : tu sers dans un shooter, renifle, avale cul-sec, et tu as le premier effet (beurk), puis tu prends une grande inspiration par le nez. Et là, tu découvres le deuxième effet Brise (c’est assez étonnant). Puis tu fais décoller des fusées de Saddam Hussein.

 
 

Si y’a plus de monde, y’a de la musique, tu bois plus, et quand ils passent Chasse Pêche et Biture des Fatals Picards, tu chantes tous en chœur en t’époumonant. Puis tu rebois, parce que ça donne soif.

 
 

Sinon, c’est ce qui m’a fait penser au bar, y’a Big Balls, chanté en chœur par le club barbe de l’école, bien aligné le long du bar, et en français, ça donne.

 
 

Je l’aimais bien ce bar.
Maintenant, je bois même plus.

 
 

Je vais ptet reprendre les études, tiens.

Par Francis
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