Mercredi 14 mai 2008

Aujourd'hui, j'ai pris une grande résolution, et je l'ai tenue séance tenante. Marre de carburer aux Prince de Lu, assez du saucisson trop cher, je suis allé faire mes courses au supermarché, et outre le papier toilette double épaisseur et le Canard Enchaîné, j'ai acheté du légume.


Enfin, biologiquement parlant, des fruits, plutôt. Des tomates. Des bonnes tomates-grappe de serre, avec la branche qui sent bon. Des mois que ça m'était pas arrivé. Enfin, que je les achète et les utilise, tout ça tout seul vu que là, y'a personne dans ma maison, je me balade tout nu comme je veux en ne risquant de complexer que les araignées.


Je suis fier de moi, là. Je me rapproche du seuil des cinq fruits et légumes par jour. Et par moi-même, sans que ce soient des restes de VIP (même si les cerises délaissées par Carla me manquent un peu), et sans que ce soit une quelconque femelle qui les prépare.


Non non non, j'ai tout fait tout seul. Tout seul, j'ai concocté une vinaigrette à l'huile d'olive, avec de la bonne moutarde de Dijon, tout seul j'ai ôté à un oignon sa peau bronzée, tout seul j'ai tranché sa chair à la blancheur diaphane au couteau à Marcassou, tout seul je suis allé faire caca (et je me suis lavé les mains), tout seul j'ai ensuite lavé des tomates, leur ai ôté le vert et les ai coupés en morceaux que j'ai tout seul mélangé aux oignons et à la vinaigrette, avant de les dévorer. Pas toutes seules, quand, même, je m'ai fait un croque-monsieur avec la machine à croque de ma cousine.


Alors quand même, je tenais à le faire savoir.

De même que je tenais à dire que le paquet de chips que je n'ai pas mangé sur les bords du canal Saint-Martin en buvant du Cointreau. Depuis samedi, ce paquet traîne chez moi, même pas entamé. Je suis d'une force morale rare, en ce moment, je trouve.

J'arrive même à passer outre la disparition du micro-ondes, parti avec sa propriétaire légitime.


Par contre, j'arrive pas à réviser mon chinois, j'ai plus envie de dormir ou de couper des tomates au couteau à Marcassou. En fait, le simple fait de tenir un couteau à Marcassou me donne des envies de trancher dans tout ce qui passe. Tenez, j'ai même ouvert l'emballage de la prise péritel de mon lecteur DVD au couteau à Marcassou, et regardé des épisodes des Simpson dessus (il marche bien, merci les petits amis !).


Mais bon, un emballage plastique, c'est pas comme un dauphin, quand même.


D'ailleurs, peu de choses sont comme un dauphin, le poireau commun, par exemple, a très peu de points communs avec les dauphins. Mais trêve de salamalecs, je ne sais plus du tout si je voulais en venir quelque part, ou si je tentais juste de pondre de la ligne, alors que même pas je suis payé pour.


Tiens, sinon, j'ai un nouveau bout de dent dans la bouche, il fait tout lisse sous la langue, c'est du toc. Mais au moins, je peux manger des Prince de Lu sans complexe. Même si j'essaye d'en manger moins, pour finir mes tomates avant qu'elles moisissent dans le fond du frigo, ce qui risque d'arriver si personne ne vient à ma rescousse. C'est pas facile de se forcer à manger du légume quand on est tout seul chez soi avec MSN et les Simpson. Et peut-être Scrubs, mais je dois vérifier.


Bon, je crois que je commence à tourner un peu en rond, je vais m'arrêter et aller arroser les fleurs de ma grande soeur, qui ont survécu à son absence de plus d'un an, je pense que je peux être fier de moi, d'ailleurs je le suis, c'est mieux comme ça. Il faut bien que quelqu'un le soit, sinon, le monde serait bien triste, et quoi de pire qu'un monde triste sans pouvoir d'achat, hein ? Vous voyez bien. Pfu, allez, dodo.

par Francis publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi communauté : Fourre-tout * inclassable
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Lundi 12 mai 2008

Ce soir, j'ai bu. Dimanche, en fait, là quand j'écris, pas quand je publie. Parce que j'attends, des fois, avant de publier. Là, c'était avec des amis. Au bord du canal Saint-Martin, pour faire dans l'original. Je les ai fuis, sur la fin.


Ca avait bien commencé, pourtant. Je m'étais paumé en venant, bien sûr. Tourné vingt minutes autour de la gare de l'Est avant de trouver le coin de béton où s'étaient installées les deux blondes que j'étais venu rejoindre sans arrière-pensée.


Comme le coin est un peu glauque, des allées de béton autour de la flotte, j'avais apporté une bouteille de cointreau qui traînait dans la maison après le départ des colocs (en fait, elle était à moi). On a bouffé des chips, parlé des mecs concepts d'une copine (avec un pull en jacquard, et qui ressemble à rien sur facebook), on a chanté des chansons, Nathalie mon amour des JMJ, puis Daniela parce qu'un type avec une guitare le jouait de l'autre côté du canal. Puis Joe Dassin, avec des voix de basse. Hooo ouais baby. Puis on a bu du Cointreau. Surtout moi, parce que je bois pas à la maison, même quand j'entame une bière, je la finis pas. J'arrive pas à être alcoolique. J'arrive à rien. Alors je bois. Et je récite les provinces de Chine et leurs capitales, et je parle aux gens qui passent, haaaaa le monsieur, il court droit sur moi, il va m'écraser, ouf il l'a pas fait, il a changé de direction, alors je le remercie. Le Cointreau, ça rend loquace et poli. C'est rigolo, d'être poli, avec des parisiens qui n'ont pas l'habitude.


On discute pas que de concepts et de pouffes qui lisent que Soleil et pensent qu'à l'argent, hein, on parle monographies sur le merlu et l'hoplosthète rouge, aussi. J'avais oublié des choses, dis donc. Les filles, ça se rappelle de plus de choses que moi. Sur l'hoplosthète rouge aussi bien que sur le merlu. Même si c'est moi qui les ai écrits, ces trucs. Je me dis qu'il faudra que je les recycle sur mon blog. Je suis intoxiqué. Du blog, et du Cointreau, qui me fait dire que je pourrais me foutre à l'eau et ne pas le prendre mal, mais je suis quand même prudent en marchant sur le bord du canal, on sait jamais, même si le Cointreau fait moins d'effet que ce que j'aurais pensé.


Puis je vais faire pipi, parce que le Cointreau, ça donne envie, même épongé par des chips et des Paille d'Or. J'en profite pour demander au guitariste de Daniela et de l'autre côté du canal de jouer plus fort, parce qu'on entend rien et qu'on peut pas chanter, de l'autre côté. C'est triste, de pas pouvoir chanter, alors je demande, avec les yeux qui penchent et le bob sur la tête, même s'il fait nuit, le bob c'est important pour le style, merci papa pour ce bob, il me sert plus que tu ne le pensais sans doute. Puis je rentre et ça discute boulot. J'aime pas quand ça discute boulot, statistiques, aquaculture, jeu de données et salaires. Je dis des conneries, puis j'attrape mon sac.


Je pars, comme un con, sans dire au revoir.


Le Cointreau attaque plus que ce que je pensais, en fait.


J'y penserai la prochaine fois que je boirai au canal Saint-Martin.


Edit lundi matin : punaise, ça attaque en fait ce truc. Beuuuh.

par Francis publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi communauté : Fourre-tout * inclassable
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Vendredi 9 mai 2008

Je sais pas si vous avez remarqué, mais notre président (loué soit son nom), il y a des choses qu'il aime, et des choses qu'il aime pas. Dans les choses qu'il aime, y'a des trucs qu'on aime tous : les belles gonzesses, par exemple. On aime tous ça, les belles gonzesses (enfin, presque tous, y'a des gonzesses moches qu'aiment pas les belles parce qu'elles sont jalouses de leur héritage génétique, mais y'a quand même une majorité de personnes qui aiment bien les gonzesses bien roulées). Dans les trucs qu'il aime pas, pareil, y'a des trucs que personne ou presque aime, comme manger du caca nature.

Enfin, je crois pas qu'il aime.


Jusqu'ici, il est cohérent dans ses amours et désamours : il est tout à fait possible d'aimer les belles femmes sans aimer manger du caca. Moi même, j'aime les belles femmes et je préfère le cassoulet (au caca, pas aux belles femmes)(enfin, pour manger, je n'ai jamais goûté de belle femme).


Mais, malgré la juste vénération qu'on se doit de porter à ce grand homme, force est de constater qu'il n'est pas toujours aussi logique. Par exemple, il aime bien Dieu, Nicolas. Il est pas le seul, me direz-vous, ma mamie aussi aime bien Dieu (elle n'a rien à voir avec Nicolas Sarkozy par ailleurs), même Chuck Norris aime bien Dieu.


Par contre, il n'aime pas les soixante-huitards. Il n'est pas le seul là non plus, hein. Pas grand monde aime les soixante-huitards, sinon les soixante-huitards.


Mais peut-on aimer Dieu et ne pas aimer les soixante-huitards ?


Il me semble que c'est une marque de manque de recul sur ses croyances.

Pourquoi n'aime-t-on pas les soixante-huitards ? En bonne partie, parce qu'ils se sont mués en ce qu'ils dénonçaient à la base : de revendicatifs libertaires parfois violents, beaucoup se sont mués en bobos, bourgeois-bohèmes, mous, faibles, avec un peu de bide, qui jouent au squash et ronchonnent sur le pouvoir d'achat sans faire grand-chose.


Mais n'est-ce pas là le parcours de Dieu lui-même ?

Qu'était-il dans sa jeunesse, Dieu ?

N'était-il pas un être vengeur, qui tuait les premiers nés comme on balançait un pavé et détruisait une ville pour les péchés de quelques-uns, un être libertin que ça ne faisait sûrement pas râler de voir Loth coucher avec ses filles ou Jacob avec deux soeurs et leurs servantes, n'était-il pas un souverain extrême donc, aux méthodes radicales, un être sans compromis, terrible et intransigeant avec ses principes ? Comme les soixante-huitards tellement honnis par notre président (loué soit son nom) ?


Et qu'en est-il, maintenant ? Il a disparu de la circulation. Cette présence autoritaire et barbue dans le ciel qui se manifestait à grands coups de miracles destructeurs, de buissons ardents ou de saints suaires bien concrets est devenue un concept, un être immanent, une idée, sa nature ultime est non-duale (nous dit wikipedia), il est au-delà des conceptions humaines du bien et du mal, des notions qui suivent un dessein incompréhensible qui se résolvent en Dieu même (je sais pas vous, mais moi j'ai rien compris). Par ailleurs, Dieu est un fumeur de havanes.


Regardons maintenant les soixante-huitards : ils ont disparu de la circulation. Ces présences chevelues qui hantaient les facs et se manifestaient à grands coups de pavés, de slogans graffités et de minijupes ne sont plus. Ils sont devenus un concept, la nature de bobos qu'on leur reproche est non-duale, en eux se résolvent les idées de gauchiss et la vie de vil capitaliss, qui fument des havanes équitables.


Si ça c'est pas flagrant. Dieu est un soixante-huitard. Dieu est LE soixante-huitard ultime.


Notre grand chanoine préféré a donc quelque chose de pas clair dans la tête. Soit il exprime par sa détestation des soixante-huitards un rejet de type oedipien de notre Père, soit au contraire son amour de Dieu révèle une passion cachée des vieux rebelles, dont il aurait quand même bien aimé faire partie.


Ou alors, il est vraiment incohérent.



par Francis publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi communauté : R42,
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Jeudi 8 mai 2008

J’étais en train de faire la vaisselle, tranquillement, dans la semi-pénombre de ma cuisine marronnasse, lorsque je fus frappé par une Muse, d’un coup sec, alors que je désincrustais un bout de courgette du bord d’une assiette. Comme j’y suis un peu habitué, je n’ai pas lâché mon assiette, et j’ai décidé de noter tout ça, il ne reste plus qu’un plat, de toute façon.



Bref.

Donc, cette muse m’a dit : « sur l’autoroute de l’Amour, j’ai raté le péage ».

Je vous rassure tout de suite, ça ne me concerne pas, moi j’ai même pas le permis. Non, hein, je me cherchais une métaphore à filer, et c’est celle-ci qui m’est tombée sur le coin de la figure.

Ca sonne bien, je trouve. On dirait une chanson de Sardou, un peu. Ou de Mike Brant.

Mais c’est quand même pas très clair.



Ca voudrait dire quoi ? Ce serait quoi, le péage de l’amour ? Je refuse de croire qu’une muse parlerait de tapineuse, ça colle pas avec le romantisme beauf de la phrase (oui hein, tout le monde a pas les muses de Brassens). Ou alors la phrase est pas du tout romantique, et l’autoroute de l’amour accepte les contresens et est surtout fréquentée par des Fiat Punto.



Si ce n’est pas ça, de quoi cela parle-t-il ?



Hum. Le péage, c’est ce qui est cher et pénible au début, et où on fait souvent la queue.

Si il n’y avait pas la queue, ça augure pas des masses d’un amour qui fasse des jaloux. En fait, ça enlève pas mal de romantisme à la phrase.

D’autant plus que

Je me demande dans quelle mesure ce n’est



Haha, je reprends cette note trois jours plus tard, et je ne vois pas du tout où je voulais en venir avec ces deux derniers débuts de phrase.



En même temps, est-ce bien nécessaire de toujours aller au bout de ce qu'on pensait des jours avant ? Hein ? Je vous le demande.



Alors que tout compte fait, à la base, c'était pas forcément très passionnant, je m'en rends compte maintenant. Filer des métaphores, à quoi bon quand on a une GameCube® ?



Je préfère mettre des branlées à des débutantes sur Mario Kart. C'est plus rigolo et ça demande moins d'efforts intellectuels, et dieu sait que j'ai horreur des efforts intellectuels. Ca fait mal à la tête, et après on se dit qu'on a dit des conneries. Avec Mario Kart, on se dit juste « Ha, quel con, pourquoi j'ai pris cette caisse alors que je savais bien qu'elle allait m'exploser à la yeule ? » et on cherche même pas à répondre, vu qu'on a une carapace de tortue à esquiver. C'est beaucoup plus sain pour les neurones. Enfin, je crois. Dans la mesure où mes neurones ont une sainteté à préserver, ce dont je ne jurerais pas. D'ailleurs, qui suis-je pour juger de la sainteté de mes neurones ? J'ai même pas fait ma première communion, même si j'ai lu toutes les histoires de la Bible, avec les fils prodigues et les putes insoumises.



J'aimais bien, mais pas plus que les histoires de Tezcatlipoca ou Huitzilopotchli, qui avaient le mérite d'avoir des noms un peu plus funky que Jésus-Christ, Jean-Baptiste ou Marie-Madelon.



Bon, je crois que je me suis assez éloigné de mon thème de départ pour aujourd'hui. En plus, je suis en bas de la page.

par Francis publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi communauté : Fourre-tout * inclassable
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Mercredi 7 mai 2008

Waw.

J’ai un tout nouveau pécé, là, devant moi, maintenant, en ce moment même.

Je l’ai commandé hier, ce matin, il est arrivé devant ma porte, avec un monsieur Chronopost. Je l’attendais pas de sitôt. Ca surprend, mais j’ai fait avec. J’ai juste viré Norton Antivirus, je garde windows vista pour voir si c’est aussi nul qu’on le dit (oui, je suis joueur). Et j’ai réussi à me connecter au wifi en quinze secondes, je suis fier de moi, là. La classe.

Bon, maintenant, faut quand même le temps que je m’habitue, hein.Déjà à cette manie insupportable de Vista de demander la permission à chaque truc que je veux faire, c’est pénible, ça. Puis au nouveau Word provisoire, qui est moche. Ha si. Il est très moche, avec son fond bleu ciel tout pourri. Je l’aime pas. Pas plus que le touch pad, qui gratte sous les doigts, mon ancien était mieux. Par contre, j’aime bien mon clavier, il est confortable et je tape bien avec, c’est bien agréble, même si mon texte apparaît sur ce fond bleu ciel insupportable. Il est où, mon gris ? Hein ? Hein ? Et où est-ce qu’on sauvegarde avec ce word tout pourri ?

Raaah.

Mais je vais faire avec. Je suis d’un flegmatisme olympien vis-à-vis de ce nouveau pécé, moi qui aurait été excité comme une puce à la seule éventualité d’avoir une souris neuve l’année dernière seulement. Même quand j’ai acheté la Game Cube qui est sous la télé en ce moment (je t’avais pas dit, papa ? Une affaire, hein), ben je n’ai pas été submergé d’émotion, contrairement à quand j’avais eu la première Game Boy® il y a un gros bail.

Mon Dieu. Je deviens un gros blasé de sa race. Merdalors.

Pourquoi ? Pourquoi ?

Chienne de vie. Et avec tout ça, il faut que je révise les provinces chinoises et leurs capitales, Guizhou, Fujian, Liaoning, Guangdong, Henan, Hebei, Hunan, Hubei, Xinjiang, Chongqing et tout et tout. Puis les industries, les chômeurs, l’agriculture, le système scolaire, tout ça. Que deviens-je, que deviens-je.

Je m’aigris.

Je prétexte un incendie sur ma ligne de RER pour pas aller prendre un pot à Paris. Je mets à la poubelle la quasi-totalité des articles que des médiocres proposent sur un site que j’aide modérément à modérer. Je prétexte le déménagement de mes colocs pour rien ranger dans la maison. Je prétexte le huit mai pour rien foutre (enfin, ça, je le subodore d’ici). Pfff. Tout est nul. Marre.

 

Et je sais même pas pourquoi. Ou alors, c’est le temps. Soleil de merde.

par Francis publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi communauté : Fourre-tout * inclassable
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