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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 18:53

Je suis vieux. Je ne dis pas ça pour me faire plaindre, ni pour attirer les jeunes filles émoustillées par l'odeur du vieux mâle, mais bien pour en venir au sujet qui m'intéresse ici, à savoir la jeunesse d'aujourd'hui, et comment on a bien pu en arriver là.

Je suis vieux, et donc, cela fait bien longtemps que je n'avais pas acheté de céréales du petit-déjeuner, puisque les adultes boivent du thé dans lequel ils peuvent tremper leurs Prince de Lu©. Cependant, bien que vieux, je n'en ai pas moins une famille, avec laquelle je suis bien forcé de passer Noël si je veux des cadeaux. J'ai donc passé Noël avec mon papa et ma maman et ma grande sœur et ma petite sœur et son jumeau, qui est donc mon frère, sans compter mon beau-frère et mon neveu, plus encore quelques autres. Qui se sont retrouvés à la maison.

Et donc, ces autres personnes étant à la maison et prenant des petits-déjeuners, il fallait bien qu'il y ait à la maison les ingrédients de leurs petits-déjeuners respectifs. Non, aucun ne mange de céréales, puisqu'ils sont encore plus vieux que moi, à l'exception notable de ma petite sœur, de son jumeau, qui est donc mon frère, et de mon neveu, qui en est encore au biberon.

Mais ils buvaient du lait. Du moins mon vieux papa en prenait, dans son café. On a beau lui dire « fais attention à ton cholestérol », pensez-vous qu'il va nous écouter ? Il est encore plus vieux que moi. C'est dire s'il est têtu.

Toujours est-il qu'en fin de compte, Noël, comme cela arrive chaque année, est arrivé et reparti, mes vieux parents ont fait de même, et je me suis retrouvé avec deux litres de lait dont je ne savais que faire. J'ai donc décidé, comme l'aurait fait n'importe quel être intelligent, d'acheter des céréales afin de pouvoir consommer ce lait avant qu'il ne périme.

J'ai pris mon petit cabas, ma liste de courses (des poireaux, des carottes, des patates, du shampooing anti-pelliculaire et des céréales), et je me suis rendu au supermarché d'à côté, où j'ai pris mes poireaux, mes patates et mes carottes (pour la soupe du soir), mon shampooing anti-pelliculaire (pour ce qu'il me reste de cheveux pelliculeux) et je suis allé, pour la première fois depuis des années, au rayon Céréales du petit-déjeuner.

Où j'ai pris des Chocapic. Je préfère les Frosties, mais je les manges tout secs, ce qui serait allé complètement à l'encontre de mon objectif d'origine, qui était de finir le lait qui traîne dans mes placards. J'aurais pu prendre des Corn-Flakes, bien sûr, mais c'est dégueulasse et les Chocapic, me disais-je vaguement, sauraient me faire retrouver la magie de mon enfance, quand j'allais regarder les dessins animés d'Aladin le dimanche matin vers six heures en mangeant des Chocapic.

Et donc, je suis rentré chez moi avec mes poireaux, mes patates, mes carottes, mon shampooing anti-pelliculaire et mon paquet de Chocapic. Que j'ai ouvert ce matin, pour prendre un bon bol d'énergie chocolatée avant de me mettre à traduire des bandes dessinées pornographiques et un ouvrage satanique, mon travail actuel.

Et là, en ouvrant le paquet, que vis-je ? Je vous le donne en mille : un petit sachet contenant un embout de crayon Chewbacca. J'aurais pu m'en douter, vu que c'était écrit sur la boîte, mais comme je suis vieux, je n'ai pas choisi mes céréales en fonction du cadeau (j'ai juste fait bien attention à ne pas prendre des Chocapic avec moitié de chocolat blanc, ou fourrés au chocolat, juste des Chocapic basiques, des petits bouts de carton au chocolat). Un petit sachet posé directement sur le gros sachet de céréales.

De mon temps, qui n'est tout de même pas si lointain, le jouet des céréales, il fallait le mériter. Il se cachait tout au fond de la boîte de céréales. Touuuuut au fond. Et il vous fallait manger touuut le paquet. Ça pouvait prendre des JOURS. C'était instructif. Ça donnait une leçon de vie : tout vient à point à qui sait attendre.

Ou si on ne savait pas attendre, il fallait mettre au point toute une manœuvre clandestine (sinon, on se faisait taper sur les doigts) pour vider le paquet dans la passoire à nouilles, choper le jouet, et remettre toutes les céréales à grandes poignées dans le paquet, sans en foutre plein à côté. Ça demandait un minimum de réflexion et de coordination musculaire.

Mais aujourd'hui, ce jouet, trônant au dessus du paquet, je vous le dis, ça m'a fait mal au coeur. C'est ça la leçon qu'on veut donner à nos enfants ? Plus besoin de travail, de patience, tu veux un jouet, tiens, prends-le, il est là ?

Pas étonnant qu'on ait une génération de feignasses à qui il faut toujours que tout leur tombe tout cuit dans la bouche. D'abord un embout à crayon Chewbacca, ensuite un iphone.

Merci Kellogg's.

Il leur faudrait une bonne guerre, tiens.

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