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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 10:34

Bref aparté : il me faut publier tous les 44 jours pour éviter la pub sur mon blog, apparemment, et j'avais par ailleurs pondu un article pour un autre site, avec la contrainte qu'il devait être lié à l'image ci-dessous. Allons-y donc pour supprimer les pubs.

 

***

 

Observons un instant ces images : deux mâles, des torses musclés, des mâchoires aux dimensions impressionnantes, des expressions vides sur le visage, nous avons manifestement affaire à des héros de fantasy stupides, à base de poutrage de gobelins et de tringlage de guerrière en bikini (ou de vierges sauvées de monstres pustuleux), le sujet qui s'impose est évidemment la littérature de merde.

 

Je voudrais donc profiter de cette occasion pour évoquer, de manière plus positive, la littérature de merde pour enfants. Ou, plus exactement, la littérature pour enfants qui met la merde au centre des débats. Car le caca est un sujet universellement méprisé. Pas plus tard que tout à l'heure, des camarades que j'estimais plutôt ouverts d'esprit me disaient « moi, le caca, ça ne me fait pas rire ». Pauvres d'eux. Le caca est une source de joie inépuisable pour qui a su garder son âme d'enfant. Le caca est drôle, parce qu'il est dégoûtant (beeeeh), et parce que son nom est rigolo (dépassé dans la langue française seulement par « Pompidou »). Je n'aime pas particulièrement le caca. C'est berk. Mais les livres sur le caca sont, ou du moins peuvent être, très chouettes. Je prendrai trois exemples.

 

 

« De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête » est exactement ce que son nom indique : une enquête pleine de rebondissements d'une petite taupe à la recherche du coupable d'un crime parfaitement dégoûtant. Pour être honnête, je ne m'en souviens plus trop, sauf que c'était rigolo, mais il me fallait ce titre pour arriver à trois. On ne fait pas un article sur deux livres. C'est soit un, soit trois, soit dix-huit, désolé mais je fais pas les règles.

 

 

« L'Anneau Magique de Lavinia » est un de mes livres préférés de quand j'étais petit (avec l'Arme secrète de Ralph, Bien plus grand que Martin et Valentine fait de la soupe aux orties. Et Laura. Et les Biboundé). Ce conte de fées est en effet parfaitement immoral et réjouissant : Lavinia, une petite marchande d'allumettes orpheline et bien seule cette nuit de Noël, accroupie dans la neige, voit passer une dame manifestement éméchée qui lui demande une allumette. Pas radine, elle lui en offre une. La fée (car c'en était bien sûr une) la félicite de sa générosité et lui offre un anneau magique aux pouvoirs terrifiants : passé à son doigt, si elle le tourne dans un certain sens en fixant un objet, elle peut le transformer en caca (et lui redonner sa forme originelle en le tournant dans l'autre sens). Et c'est le début de l'ascension sociale de notre pauvre malheureuse, qui parvient à obtenir le confort matériel grâce à la magie du chantage : quel hôtel refuserait de donner sa meilleure chambre à quelqu'un qui peut transformer les lustres en caca pendant le dîner ?
Tout se passe donc pour le mieux pour Lavinia, qui commence même à devenir un peu désagréable, jusqu'au jour où elle fait tourner l'anneau tout en se contemplant dans un miroir...
Que de belles leçons de vie j'ai appris avec ce livre.

Si L'Anneau Magique de Lavinia est un peu ironique sur les bienfaits du caca (car le caca est ici réprouvé et craint de tous), ce n'est pas du tout le cas du « Monde merveilleux du caca », de Sir Terry Pratchett himself.

 


Les amateurs du Disque-Monde connaissaient ce livre comme un des ouvrages préférés de Sam Vimaire junior, fils de Sam Vimaire, dans l'avant-dernier ouvrage pour grands de Pratchett, Coup de Tabac. N'ayant pas le cœur de laisser ses lecteurs dans les affres des questionnements métaphysiques (mais c'est quoi ce bouquin qui a l'air trop bien ?), il en a fait un livre pour enfants (un très beau livre, d'ailleurs. On notera également que le premier livre préféré de Sam Vimaire junior, Where's my Cow, est également disponible dans toutes les bonnes librairies de Roundworld).
Dans ce récit, le jeune héros, Geoffroy, rendant visite à sa grand-maman, se fait déposer un petit cadeau sur la tête par un oiseau malappris. Et ce sera l'occasion pour Geoffroy, comme le dit la quatrième de couverture, de se lancer dans une grande et instructive quête sur le caca, de rencontrer des personnes fascinantes et bien plus éclairées que le commun des mortels sur la question, pour réhabiliter aux yeux des enfants et de leurs parents ce qui est un sujet (et un objet) bien plus digne d'intérêt qu'on ne veut bien le croire.

Merci de votre attention, vous pouvez reprendre vos saines lectures.

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