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FIGB recrute




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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 22:42

Je n'aime pas trop me vanter. Non pas que j'aie quelque chose contre l'adulation des foules, mais il faut bien reconnaître deux choses : 1) l'adulation des foules est rarement à la hauteur de vos espérances (notamment quand vous avez fait le ménage mais oublié d'éteindre une lumière) (a), et 2) les gens qui vous admirent ont tendance à s'imaginer du bien de vous, et je me fais un principe de conserver les attentes des gens à mon égard au strict minimum, c'est bien plus sûr.

Cependant, aujourd'hui, je vais faire un entorse à mes principes, parce que quand même : je me suis acheté deux pantalons, dans deux magasins différents, et il faut que le monde sache.

D'accord, j'y étais un peu obligé : mon seul pantalon (b) était en train de faire des galipettes dans la machine à laver, au milieu de trucs que j'avais trouvé pour prétexter le lancement d'une machine. (j'étais bien obligé de le laver, il ne pliait plus au niveau des genoux.)

Mais quand même. J'aurais pu laisser ma maman aller m'en acheter, puis râler sur le fait qu'il était pas à ma taille et que j'aimais pas la couleur et que s'il te plaît, tu pourras aller l'échanger pour la taille au-dessus (mais en plus court) s'il te plaît s'il te plaît (battements de cils inclus).

Parce qu'il faut que vous sachiez une chose. Je suis un homme. J'ai les poils pour le prouver. J'ai des couilles comme ça, qui font des trous dans mes caleçons. Je sais monter des meubles Ikéa sans pousser de cris de frustration, rester des jours sans me laver ni me changer (parce que c'est les vacances), j'ai tué pour survivre (un lézard, un tourteau, des centaines de moustiques), j'ai survécu à une diarrhée dans un bateau de huit mètres sans gogues avec une dizaine de collègues autour de moi, j'ai regardé le Tombeau des Lucioles sans qu'une larme ne vienne souiller ma joue. Il n'y a qu'une chose qui puisse me réduire à l'état de larve tremblotante, me foutre le cœur à 170 pulsations minute, me faire monter la nausée au bord des lèvres et me coller l'envie de pleurer, et c'est la perspective d'aller acheter des fringues (c).

Je ne sais pas à quoi c'est dû, mais c'est à chaque fois pareil : je panique. Intérieurement. Je regarde à peine les trucs qui pendouillent, non, ça va pas, j'aime pas le col, j'aime pas la matière, j'aimepaslacouleur y'arienvazyonsortj'enpeuxplusj'étouffeonrestepasonrestepaaaaaaas ! Et je m'échappe. Je fuis. Pour ne plus sentir le regard de ces vendeurs avec leurs cheveux pleins de gel, pour ne pas risquer de les entendre me dire, avec un mépris qui dégouline de leur voix polie « je peux vous aider ? Bon ben je vous laisse regarder alors, si vous avez besoin je suis là » en jugeant tout ce qu'ils peuvent juger. Pour ne pas voir tous ces gens qui n'ont aucun problème à prendre des trucs et à les essayer, alors que j'ai les mains qui tremblent, que je fais tomber les cintres partout dans la cabine, que j'enfile les pantalons jusqu'aux genoux avant de décider que non ça va ils sont trop petits et en plus ils sont moches pas besoin d'aller plus loin je peux ressortir on s'en va maman ? (parce que oui, il me faut bien une maman pour me traîner dans ces endroits.)

Mais aujourd'hui, j'ai su être fort. Dans TROIS magasins, je suis allé, j'ai essayé des pantalons en les enfilant jusqu'aux fesses et en les refermant quand c'était possible, j'en ai rejeté, et j'en ai choisi. Bon, y'en a un qui ne me plait pas trop, il a une coupe un peu moche, mais j'allais pas en réessayer un autre alors qu'il m'allait. Mais l'autre est bien.

Voilà. J'ai maintenant trois pantalons. Je vais pouvoir rendre celui que je porte à mon père. Et vivre la tête haute, jusqu'à la prochaine fois.

(a) NEVER FORGET. NEVER FORGIVE.

(b) Bon, techniquement, ce n'est pas le seul. Mais l'un des deux autres encore à ma taille a une grosse déchirure là où c'est mal vu du grand public depuis une randonnée en montagne, et l'autre a un bouton décousu depuis l'été. Donc il ne m'en restait plus qu'un que je puisse mettre.

(c) En fait, il y a aussi la perspective de devoir faire une lettre de motivation, et celle de décrocher mon téléphone pour prendre un rendez-vous pour le médecin pour récupérer mon permis poids lourds sénégalais. Mais littérairement, une seule chose, c'est plus cool.

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commentaires

Nico 03/11/2013 00:12

Il faut noter que le fait de recoudre le bouton de la note c est entièrement inenvisageable (je note et je compatis).