Jeudi 17 septembre 2009
Une boîte.
A Casino.
Pour la harira de ce soir.
73 centimes.
J'avais un trou dans mon pantalon.
Ca aère.
Mais c'est vulgaire.

Vivement la rentrée.
Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Dimanche 13 septembre 2009

Bon, je viens de rentrer de la fête de l'Humanité, il est une heure et demie du matin, et décidément, il n'y a pas grand chose à dire sinon que la fête de l'Humanité draine trop d'Humanité.

Ceci dit, ça avait bien commencé, dans le domaine de l'Humanité : en se rendant tant bien que mal à la Courneuve dans la 205 de ma mamie, il nous est arrivé une chose dingue : un type nous a parlé, sur la route. Il était dans sa voiture, nous dans la nôtre qui bêlait avec toute la détresse d'une brebis devant laquelle on égorge ses agneaux (Brêêêêêêêêêêmmmmmm), et il a ouvert sa fenêtre et il nous a dit « elle roule bien, hein ? J'en ai gardé une comme ça pendant dix ans ! ». Il avait une moustache.

 

Puis on est arrivé, on a tourné un peu en rond mais pas trop, on a trouvé un bout de chaussée qui pouvait ressembler, de nuit vu de dos, à une place, on s'est garés, et hop, petite marche jusqu'à l'entrée dérobée où on a fait la queue vingt minutes. La classe.

 

Puis on a retrouvé ma soeur qui arrivait de Lyon en stop – d'après ce qu'elle prétend, ils ont été pris par le champion de France de rallye qui a changé son pneu crevé en deux minutes chrono, la dernière fois c'était Igor et Grichka qui l'avaient snobée à une aire d'autoroute – et on est allés se promener. D'abord, tout s'est bien passé, on est allés prendre une Teq'paf, puis j'ai pris dix mètres d'avance pour photographier un stand rigolo et puis, comme la teq, paf, ils ont disparu. Bon, au moins, j'ai ma photo.

 

 

Je les ai cherchés une demi-heure, mais bon, comme le portable passe pas bien, je les ai pas retrouvés, du coup, au lieu d'aller voir Keziah Jones dont on m'a dit le plus grand mal en concert, je suis allé voir Alexis HK dont on m'avait dit le plus grand bien en concert. Et c'était bien.

 

Puis je suis allé tenter de rejoindre les autres devant la scène où devait se produire Manu Chao. J'ai failli réussir à les retrouver, ils m'ont appelé, ils étaient à dix mètres de la scène. J'étais trente mètres plus loin, je n'ai pas pu les rejoindre.

Le concert a commencé, et puis bon, au bout d'une demi-heure, je l'ai quitté. Enfin, pour être exact, je l'ai quitté au bout de cinq minutes, mais il m'a fallu une demi-heure à jouer des pieds et des mains pour m'extraire de ce magma grouillant de jeunes qui sautaient dans tous les sens. C'était trop dur pour moi.

 

Alors je suis allé manger une brochette d'agneau et des frites et traîner un peu, puis, sans le faire exprès, je me suis retrouvé devant le concert que j'avais quitté (je pensais que les gens allaient vers la sortie), et finalement, de plus loin c'était mieux, et j'ai pu profiter de la fin du concert. Ca avait de la gueule, rien à dire.

 

 

Sinon que j'étais plus près d'Alexis HK.

 

 

Enfin bref.

 

Le plus dur restait à venir : quitter le parc de la Courneuve. J'ai eu le temps de peloter des nichons « excusez-moi, mais c'est pas vraiment ma faute hein – Ha ben j'avais même pas remarqué. Ben, euh, profitez-en » (la tête de ma mère, profitez-en elle m'a dit !), de me faire un ami aubois « et, t'as mangé ? -Ha non. On y va ? OK », de le perdre (en l'espace de trente mètres et une demi-heure), et de penser à une note de blog malgré la promiscuité qui rappelait le métro ligne 13 aux heures de pointe en trois fois pire. On devait se frayer un chemin entre des membres indistincts, c'était quelque chose. Je serais curieux de connaître le nombre d'enfants conçus aujourd'hui dans la totale ignorance des parents (oui, parce que hein, avec tous ces frottements incontrôlés dans tous les sens hein, qui sait ce qui peut se passer).

 

Puis j'ai réussi à rejoindre la gare à pied, à pousser les gens pour rentrer dans le train, et à rentrer chez moi avec une Bible et un livre intitulé « » que je ne pouvais me résoudre à laisser dans le train, à la portée de n'importe quelle âme innocente.

 

 

Ha, et aujourd'hui, j'édite : je suis retourné à la fête de l'Huma pour vérifier si c'était bien l'horreur, et ben finalement les Wampas ont commencé à me faire changer d'avis, les Doigts de l'Homme et son public ont continué (parce qu'on a réussi à faire sortir les tables et les chaises de la salle par dessus tout le monde pour faire rentrer les gens de dehors), et Deep Purple m'a achevé.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Jeudi 10 septembre 2009

J'ai un aveu à vous faire.

J'ai beau être parisien, aimer ma capitale, ses cinémas, ses grandes enseignes culturelles, ses boutiques de BD ouvertes jusqu'à minuit, son métro et sa richesse olfactive, mes origines sont provinciales.

 

Lozériennes, plus précisément. Ce qui implique une chose : les vacances en Lozère.

Et j'aime ça. J'aime batifoler dans les ruisseaux à truites, sortir de la voiture pour écarter les vaches de la route, pêcher les têtards, traquer la girolle et médire du voisinage.

 

Mais plus que ça, j'aime les brocantes du coin.

Parce que ça n'a rien à voir avec l'entrepôt du bout de la N20, tenu par un antiquaire et bourré de meubles dorurés d'époques de rois dont je n'ai jamais entendu parler et qui ont nécessité chacun l'éradication d'un gros bosquet en Asie du Sud-Est, et de sofas où l'on peut imaginer que se sont vautrées un nombre infini de courtisanes lascives à la peau blanche comme la neige et aux lèvres rouges comme le sang, le tout avec des prix comprenant plus de zéros que mon compte en banque.

 

La brocante de village, c'est un assortiment foutraque de stands tenus par des professionnels du coin, venus avec leur camionnette et leur petit chapiteau de protection, et de gamins assis sur le rebord de la fontaine qui vendent sur un tapis trois bouquins de Martine, un Club des cinq, des cassettes vidéos de films Disney inconnus et des peluches poussiéreuses.

 

Ca a beau ne remplir que deux rues et une placette, on peut facilement s'y perdre. Enfin, perdre les gens avec qui on y est allé (sauf s'il pleut, là on se retrouve au bistrot).

Parce que c'est facile de s'immerger totalement dans la contemplation d'une collection hideuse de dauphins en porcelaine irisée, d'un assortiment d'outils rouillés à l'usage incertain (c'est fou la quantité des trucs qui ont été inventés avec un manche en bois et un bout de fer tordu au bout), dans le feuilletage d'une caisse remplie de Paris Match des années 60 ou de Brigade des Moeurs.

Facile de s'embourber dans une conversation avec un vieux vendeur à l'accent du terroir sur l'usage d'un couteau de vigneron ou d'un pressoir à raisin, surtout quand on est accompagné par des mômes curieux et insatiables.

 

Alors on se perd, on tourne en rond, on va renifler le stand du vendeur d'aligot, on va se faire peur en regardant un jeune type au crâne rasé malingre en treillis qui explique qu'il a toujours été « fasciné par les choses de l'armée » au moustachu qui vend des surplus américains, vieilles godasses, casquettes kaki, gourdes cabossées et autre veste de chasseurs alpins, on s'agenouille pour vérifier si il y a bien une épée planquée dans le corps des cannes, on farfouille dans des boîtes où se mélangent des paquets de fusibles, des vieilles pièces, des pin's, des briquets publicitaires, des boutons, des clés et des porte-clés, on feuillette les albums de cartes téléphoniques et les boîtes à chaussures remplies de cartes postales coquines sous plastique, on demande le prix des faucilles pour offrir au mariage du couple d'amis communistes le mois prochain, on ouvre grand la bouche, et on repose délicatement en disant « je vais réfléchir » sans regarder le vendeur dans les yeux.

 

On va un peu plus loin, on observe les tables couvertes de voitures Majorette, on retombe sur les gens qu'on avait perdu en train d'acheter une cloche pour vache, on demande « mais à quoi ça va te servir ? », et généralement, l'autre ne sait pas quoi répondre.

 

C'est ça qui est beau : on n'achète que des trucs inutiles. Un ange en fonte à fixer à la porte, parce que peut-être un jour on le fixera à une porte et qu'il est pas cher. Des pellicules Super-8, parce que peut-être un jour on trouvera une caméra Super-8 à la brocante et que c'est pas cher. Des figurines Action Man parce que quand on appuie sur le bouton dans le dos, il donne des grands coups avec sa jambe et qu'elles sont pas chères. Une peluche qui parle et une tête à coiffer, parce que ça fera des cadeaux rigolos et que c'est pas cher. Des fois, une BD parce qu'on la cherche depuis longtemps et qu'elle est pas chère.

 

Puis on retourne chez soi, et on montre ses achats à tout le monde, tout le monde se moque parce qu'on a dépensé de l'argent pour des trucs qui servent à rien et qu'on oubliera en partant, et on se fâche, on râle, on va bouder aux toilettes, puis on redescend mettre la table parce qu'on est vingt ce midi et qu'il y a de la soupe au pistou comme la faisait Margot, et les vacances finissent, et on oublie complètement ce qu'on avait acheté avant de le retrouver l'année suivante.

 

Et c'est bien.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 7 septembre 2009

Mon âme de fauve est morte. Déchiquetée par les grandes dents impérialistes de l'immortelle et cruelle maîtresse de mes rêves qu'est la désillusion perpétuelle.

Je ne sais même plus ce que j'écris. J'ai les doigts sur le clavier et je ne contrôle pas grand-chose, le prochain mot qui en sortira risque d'être aussi vide de sens que le slip de Carla Bruni. La preuve. Ca ne veut rien dire. Plus rien ne veut rien dire, et je ne saurais adresser le blâme. Peut-être à mon hoquet. Il me déchire le diaphragme. Si j'essaye de retenir ma respiration, au prochain soubresaut de mes entrailles, j'envoie un demi-litre de glaires pulvérisées sur mon écran. Ca fera loupe sur les pixels.

Et là, c'est de la bile qui remonte. C'est désagréable.

Tout est désagréable, tout n'est que désagréabilité, bile, hoquet, et incapacité à écrire quelque chose qui ait un sens. J'ai envie de goûter l'amertume décalée du liquide céphalique des amphibiens zélés.

Au moins c'est rythmé. Ca sonne. Comme sonnent les cloches à Noël. Faudra penser à acheter des cadeaux avant décembre.

Mais bon, ça ira, j'oublierai.

J'y pense, et puis j'oublie. Là, je voulais réviser mon chinois jusqu'à la leçon trente, je suis arrivé péniblement à la vingt-huit. J'ai réappris à dire « logiciel ». Je ne le dis jamais en français, et je ne parle pas aux chinois, ils me font peur avec leurs cheveux raides. On dirait des Ken. Avec les yeux bridés. Je ne leur en veux pas.

 

J'aimerais tant voir Schérazade, son éclisse et son grand piston. On jouerait ensemble à caillasser les mouettes à grands coups de citrons. On aurait les doigts qui piquent, après. Et alors, on roulerait des pâtes à tarte, dans la splendeur lactée d'une cuisine vespérale, et on hurlerait à la lune « Pourquoi ? Pourquoi ? », et la lune confiante nous confiera « Parce que », et elle aura raison.

La lune a toujours raison.

 

Il faut que je fasse un sacrifice. Pour donner du sens à tout ça. Tout ça n'a aucun sens, ça m'apporte juste le soulagement momentané de sentir céder sous mes doigts la chaleur lisse des touches du clavier. C'est presque érotique. J'aime glisser du s au e au r dans les mot glissereserserserser. C'est inutile et c'est bon. Un sacrifice, disais-je. C'est idiot. Je n'ai rien à sacrifier, sinon du temps. Tiens, c'est ce que je fais. Je perds un temps utilisable à des fins purement utiles, telles que réviser jusqu'à la leçon trente, réapprendre ainsi à dire «le diplomate joufflu n'a que faire des lois terrestres et marie sa fille sans honte à des ecclésiastes bornés ». Ou des trucs du genre. Je ne sais plus dire joufflu.

 

En fait, ça sonne sans doute mieux en français. Je devrais passer l'aspirateur et laver mes draps des antiques sueurs qui l'amidonnent depuis deux mois. Elles ne sont même pas à moi. J'ai sué ailleurs. Dans des draps maintenant lavés. Qui ne se souviennent plus de moi. Ils ne seront pas les seuls. C'est triste, quand on y pense. Heureusement, je n'y pense déjà plus. C'est l'avantage d'écrire au fil du clavier, comme ça, même si ç'a moins de classe qu'au fil de la plume. C'est moins salissant, aussi.

Et les oiseaux en souffrent moins. Je n'aime pas faire souffrir des oiseaux, sauf s'ils l'ont bien cherché. Ca arrive. Beaucoup d'oiseaux sont des sales bêtes, qui n'y regardent pas à deux fois avant de vous foncer dessus alors que vous ne faites que vous approcher pacifiquement de leur île. En plus, ça a l'oeil mauvais, les oiseaux. Surtout les goélands. On sent la cruauté en eux. S'il devait y avoir des animaux zombies mangeurs d'homme, les goélands seraient les premiers. A mon avis, ils attendraient même pas d'être zombifiés. C'est foncièrement mauvais, ces bêtes-là, et on a pas à creuser très loin pour trouver le fond. Façon de parler. Je n'ai jamais creusé dans un goéland.

 

Et pourtant, j'aime bien creuser. Pas mes réflexions, hein. Jamais su faire ça. Mais avec une pelle, ou une bêche, ou une pioche. Et des chaussures avec une bonne semelle, pour appuyer. Sinon, ça fait mal. Et du coup, on va pas loin. On trouve peu de vers de terre, si on a des mauvaises semelles. Alors que c'est toujours bien, de trouver un ver de terre. On le regarde gigoter dans sa main, pris de convulsions. Puis il tombe par terre. Et on ne sait pas si on doit le recouvrir, est-ce qu'il saura recreuser ou est-ce que ça le noiera ? Ou l'écrasera ? On veut bien faire en le protégeant des goélands zombies, mais si c'est le condamner à mort ? S'il a besoin d'être dans son tunnel pour survivre, pour avoir la place de se tortiller dans le bon sens ?

 

Je ne sais pas comment marchent les vers de terre. Je ne sais pas non plus comment ils font pour mettre des rayures dans les tubes de dentifrice double action. Je ne sais rien. Sauf dire logiciel en chinois.

 

C'est toujours ça.

Par Francis - Publié dans : Les élucubrations verbeuses de moi
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Mercredi 2 septembre 2009

En relisant un peu mon blog (en fait non, en essayant de me remémorer ce que j'y avais fichu), je me suis rendu compte que si je donnais des conseils de lecture au moins deux fois, la seule fiche de lecture dont je me sois fendu concernait Marc Levy. Du coup, j'ai un peu honte, et je me suis dit "pourquoi ne pas parler d'un truc qui m'a plu en recyclant ce que j'ai écrit pour un autre site, hein ?", et je me suis dit "ha ouais, pas con", du coup, voilà.

 

S'il est une chose indubitable dans ce monde de machos, c'est que les gens rigolos sont généralement des messieurs. De braves messieurs, que j'imagine respectables le plus souvent, à l'anglicitude irréprochable jusqu'à la moustache cirée et au chapeau melon, et surtout qui sont immanquablement dotés d'un pénis et de la sempiternelle paire de coucougnettes qui l'accompagnent.

Des mecs, quoi.

Même en cherchant bien, on trouve peu de femmes ayant l'humour pour sacerdoce. On ne voit pas (enfin, je ne vois pas) au premier abord d'équivalent féminin aux Monty Pythons ou à Douglas Adams. Y'a qu'à regarder les H2G2, hein.

Je ne sais pas à quoi c'est dû. Peut-être au fait que les femmes sont là pour qu'on les fasse rire, afin de les coucher à moitié dans nos lits, mais qu'une femme drôle est vulgaire. Un bon exemple est Geneviève de Fontenay, la grande humoriste française, dont les traits d'esprits sont aussi dégoûtants que ceux de Bigard, que nul ne voudrait dans son pieu.

 

Mais il ne faut pas s'arrêter aux premiers abords, car au second, on peut trouver des perles, en fouillant les huîtres malodorantes de la littérature fantasy.

C'est le cas de Catherine Dufour (1).

Catherine Dufour est une écrivain française, qui longtemps refusa de publier ses textes, pour la bonne raison qu'elle les jugeait « très mauvais ». Beaucoup de gens n'ont pas cette pudeur (Marc, Guillaume, si vous me lisez, spécheule kassdédi).

Puis, dit-elle, elle découvrit Terry Pratchett, et décida que faire rire était une raison valable d'écrire.

En une semaine, elle avait fini Blanche-Neige = SS, titre explicitement pompé à Vuillemin (encore de la référence qui donne envie), qui allait se transformer en « Une cloche à fromage pour réception de huit cent personnes », jugé un peu long par son éditrice qui allait lui imposer « Blanche-Neige et les Lance-Missiles », premier tome du cycle Quand les dieux buvaient.

 

Autant le dire tout de suite, Blanche-Neige..., c'est un sacré bordel. Assez compliqué à résumer pour qui l'a abandonné (bon, perdu) au bout de la moitié, pour le finir deux mois plus tard.

Mais ce fouillis foutraque a quelque chose de jouissif.

Hommage appuyé et revendiqué à Pratchett, aux Monty Pythons et à Douglas Adams (on peut trouver pire comme maîtres), elle retrace l'histoire du monde depuis qu'il était plat (2), dans une uchronie foisonnante (c'est rigolo, c'est le mot utilisé en quatrième de couverture aussi, mais je l'avais trouvé en premier) de clins d'oeils (3), de références, et d'une invention langagière qui n'appartient qu'à elle.

Bon, ça vous dit pas vraiment de quoi ça parle...

A la base, mettons que c'est du conte de fées. On retrouve des personnages connus, Blanche-Neige, Aurore de Bois Dormant, Peau d'Âne, Dieu, Vareuse-Tagueule (enfin, le petit Chaperon Rouge), et ça commence par la fin du monde, parce que Dieu et ses anges sont devenus ivrognes par la faute de Bille Guette, qui voudra par la suite se débarasser des spectres qui auront envahi internet, en les convertissant de .spectr en .3d et en les faisant poursuivre par des meutes de PacMan, heureusement pour eux qu'Evariste Galois et les fées du Bois de Boulogne veillent...

Je saute des épisodes, pardon.

 

Alors, Blanche-Neige, après être devenue une abominable dictatrice...

Non, j'en dis trop.

Bon, alors, le couple formé par Peau-d'Âne et Cendrillon qui en avaient marre d'attendre le prince charmant battant de l'aile...

Non, ça va pas.

Alors, au tout commencement, il y avait un village gai et industrieux, peuplé d'êtres généreux et aimables, pourvu que vous soyez pas une saloperie d'étranger. Aïe, fils de Baffe, petit-fils de Ronfle, neveu de Bibron, Soluble et Perclus, cousin de Demi, Craspette, Liquette, Aufraise, Bedon, Arnica et Lampion, fait fortune dans la bière de saucisson des marais et...

Nan, ça explique pas vraiment.

 

Bon, je crois que je vais abandonner l'idée de raconter l'histoire, je ne parlerai donc pas de la fille du père Noël, des gragons ou de Mismas l'écrivaine fantasy auteur de Le Dit de l'Epée du Démon Blanc. C'est trop bordélique.

Mais on s' y retrouve quand même, c'est ça qui est fort.

En plus, c'est tellement savoureux qu'on peut se relire des passages trente six fois en continuant à se bidonner comme un pot de pétunias.

 

« Alors, j'y ai dit, à ma mère, que j'avais pas envie d'y aller, cause que ma grand', elle pique du menton et elle me fait faire sa vaisselle. 'lors a m'a dit :

-Et mon sabot dans ton cul, ça va t'y piquer ?

 et a m'a donné ce panier, là, avec du pain sec pour l'âne à ma grand', pis j'y ai dit :

-Pis si je rencontre un loup ou un linsk, hein ?

 alors a m'a dit :

-T'y fous un peu de ce poivre dans la truffe, ça ira bien.

 et a m'a donné ce sachet de poivre, alors j'y ai dit :

-Pis si je rencontre le monsieur tout velu qui me dit des cochonceries ?

Alors a m'a dit :

-Ca te fera l'occasion de t'instruire, pour une fois.

 et a m'a donné ce petit pot de beurre, alors j'y ai dit :

-Pis si je rencontre un korrigan ou un elfe noir ?

 alors a m'a dit :

-Tu t'démerdes.

 alors j'y ai dit :

-Pis si je croise un ours, hein ?

 alors a m'a dit :

-Ben là, tu l'as dans l'fondement

 alors j'y ai dit :

-Pis si je...

 alors a m'a dit :

-Ta gueule !

Et a m'a foutue dehors, dites donc ! »

 

Et je passe le don qu'elle a pour les petites phrases définitives suintantes d'un cynisme de bon aloi, et les myriades d'expressions plus inventives les unes que les autres.

Non, décidément, Catherine Dufour, c'est du bon. Et elle doit être inspirée par de la bonne.

 

  1. Mais pas que : en réfléchissant un peu, j'ai trouvé aussi Nathalie Dau, qui dans un recueil de nouvelles intitulé [Pro]Créations, a été la seule à me faire rigoler avec une histoire de paternité chez des elfes de Wow, alors que les mecs me déprimaient plutôt, même Yoze.

  2. jusqu'à ce qu'il devienne rond, tout à fait rond, rond du dessus et du dessous en plus de rond dans les coins

  3. Putaing, quelqu'un qui a lu le Pays des 36000 volontés, ça se respecte, ça.

  4. Ha, et sinon, les infos que je donne imprudemment sont intégralement issues du bouquin.
Par Francis - Publié dans : L'antre de la Flagorne
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Jeudi 27 août 2009

S'il y a bien une chose dont j'aurais du mal à me passer, c'est de marcher. Ca me prend comme ça. Généralement, sans élément déclencheur, y'a pas de préparatifs compliqués, si j'ai des chaussures et que l'envie s'en fait sentir, j'attrape mon blouson et je sors. Parfois avec une destination vague, rarement la même, aller à la Vache Noire ce soir, le mois dernier à la Tour Eiffel, quand j'étais à Rennes aller au centre-ville ou à la gare, le long du Léguer pendant un stage, le long de la mer pendant un autre... Et je marche. J'avale le bitume, je piétine les galets qui roulent sous mes pieds, j'écrase l'herbe rase, avec parfois un oeil pour le paysage, le plus souvent le regard braqué sur mes pieds. Des fois jusqu'au but fixé, des fois moins loin, des fois plus.

 

Une fois arrivé, souvent, je fais demi-tour et je rentre de suite, parfois je m'allonge, je sors un bouquin, je pose mes lunettes, je tente de dormir malgré les insectes. Globalement, mes randonnées ne servent à rien. Juste à marcher. Aucune pensée d'exercice physique là-derrière, si je veux faire du sport, je m'achète une Wii. Et je m'y refuse.

 

En fait, je ne sais pas trop pourquoi je marche. Souvent, c'est pour ne pas avoir à supporter les récriminations culinaires de mes colocs, mais pas forcément. Juste j'aime bien. Surtout le soir. Je pars tard, et je rentre au crépuscule, parfois plus tard. Des fois, je pars alors qu'il fait déjà nuit. Ca donne le temps de respirer (oui, même à Paris), de ne pas penser, et d'être moi-même, sans avoir à jouer le copain, le cousin, le frère, le con du net, n'être rien qu'un marcheur, vide. Personne. Perdu, et retrouvé (c'est beau comme du Marc Lévy, j'ai des pulsions comme ça des fois, un petit paragraphe de cliché pour midinette, pardonnez-moi). Perdu au sens propre, des fois.

 

J'aime bien quand je ne rencontre personne. Ce qui arrive souvent, vu que je pars tard, et parfois dans des coins paumés (oui, du côté du Sillon de Talbert, à 21 heures, y'a personne même en été, et encore moins dans la campagne lozérienne à minuit). Ca m'évite de lancer la boîte à fantasmes dans laquelle je fais preuve de super connaissances en krav-maga parce que tout passant est un agresseur potentiel quasi-ninja. C'est agréable sur le moment, les fantasmes de super-héros, mais après, j'ai honte d'avoir un cerveau formaté TF1. Je préfère donc avoir juste le vent, les nuages, les vagues (oui, là, tout de suite, la Bretagne me manque un peu. Un peu grave).

 

Avancer sans réfléchir, c'est bien, mais c'est pas facile. Au bout de quelques minutes, on se rend compte qu'on a fait le vide, et paf, les idées s'enclenchent, en général une idée, toute seule, qui tourne en rond en se répétant sur plusieurs tons. Pas très productif, pas même de quoi faire une note de blog, souvent. En fait, en règle générale. Sauf si je pars pour ça (ce qui est très rare, ouf. C'est arrivé il y a quelques jours, en rentrant de Paris à pied pour contrer la grève de RER, et en me disant que ça servirait à quelque chose de marcher, mais c'est rare rare rare).

 

Je ne fais pas du tout ça comme exercice physique, et pourtant, j'aime bien quand je le ressens comme ça. Quand mon t-shirt est collé à mon dos par la sueur, quand mes pieds râlent, quand mes genoux se mettent à ne plus vouloir se plier, et que je continue, moins vite, mais régulièrement. En lâchant entre mes dents serrées des petits râles de douleur, pour la forme, ça fait cow-boy blessé, j'aime bien.

 

Puis je rentre, et la magie disparaît, le monde réapparaît, Michael Jackson est mort, internet est passionnant, il faut penser à l'avenir et toutes ces sortes de choses.

 

Zut.

 

Bon, au moins, cette note de blog m'aura fait réaliser quelque chose : c'est quand même tout seul que je me sens le mieux.

 

Par moments.

Par Francis - Publié dans : Les plaintes geignardes de moi
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Lundi 24 août 2009

Ce blog étant lu par une tripotée de mères de famille dotées de progénitures plus ou moins insupportables (d'autant plus que certaines me battent à Mario Kart), la recette d'aujourd'hui sera parfaitement adaptées à une punition de môme momentanément pénible : j'ai nommé la soupe d'orties.

Ca convient aussi aux lecteurs nostalgiques de Valentine fait de la soupe aux orties, comme moi.

 

Prenez donc un môme pénible, et lancez lui un ultimatum : faire le ménage dans la maison ou récolter un tas d'orties pour la soupe.

Il en faut une bonne grosse brassée d'enfant.

 

 

Assurez-vous d'aller les lui faire chercher dans un endroit inaccessible aux chiens incontinents, par exemple un bosquet de ronces. Même si on lave les orties par la suite, il est plus agréable de se dire qu'on n'a pas fait une soupe d'orties au pipi de chien.

 

Installez votre môme sur un mur couvert d'aoûtats et faites lui couper les feuilles, et conservez les tiges dans votre table de chevet pour de futurs jeux érotiques avec votre régulier(e).

 

 

Consultez votre livre de recettes familiales pour la soupe d'orties et décidez de n'en faire qu'à votre tête et d'ajouter ce que vous voudrez aux 500 g de patates indiqués.

 

Si vous avez des radis qui traînent dans le coin, prenez-en les fanes, et lavez les.

 

 

Faites laver les orties par votre gamin, et faites les lui hacher assez fin. Vous pouvez vous occuper vous même de hacher finement les fanes de radis, et une tripotée d'oignons si vous connaissez un truc pour pas pleurer, sinon, il faut bien apprendre aux gamins un jour, et celui-ci est parfait (et s'ils râlent, menacez les de confisquer leur console).

 

Épluchez soigneusement quelques patates, genre une livre, ou alors une dizaine de pas trop grosses si vous préférez. Lavez-les, coupez les en morceaux, et mettez les dans une casserole d'eau (allez, mettons un litre cinq (1,5 L). Enfin, à peu près, quoi).

 

 

Faites revenir à la poêle les oignons, puis quand ils sont translucides, rehaussez le feu et ajoutez les fanes de radis et les orties hachées avec 50 grammes de beurre manié, si vous ne savez pas faire de beurre manié, demandez à Ginette Mathiot (si vous ne connaissez pas Ginette Mathiot, honte à vous, et faites fondre du beurre et ajoutez de la farine, de toute façon vu les quantités, ça peut pas faire foirer la recette).

 

 

Une fois que le beurre manié n'a pas cuit, car il ne doit pas cuire, et que les oignons et le feuillage sont bien revenus (je vous laisse le soin de trouver un jeu de mots foireux à adresser à votre enfant sur les plantes qui se sont pas enfuies, tout ça, il vous méprisera un peu, mais chérira le souvenir de la blague foireuse de papa/maman, on chérit tous les blagues foireuses de papa/maman secrètement). versez le contenu de la poêle dans la casserole avec l'eau et les patates.

 

 

 

Puis mettez à cuire cette mixture peu appétissante, en ayant rajouté du sel, du poivre et encore du poivre (parce qu'une soupe d'orties, il faut que ça pique).

 

 

Quand les patates sont cuites, c'est cuit.

 

Empoignez votre moulin à légumes préféré, et passez tout à la moulinette (prenez soin de mettre votre moulin au-dessus d'un récipient plutôt que, mettons, de l'évier). Rectifier l'assaisonnement, ajoutez de la crème fraîche.

 

 

Ne reste plus qu'à déguster.

 

 

Au cas où vous trouveriez ça vraiment dégueulasse, prévoyez de préparer quelque chose de bon à côté, comme par exemple deux jattes de moules à la crème ou au vin blanc accompagnées de poulets rôtis et de riz sauvage (si vous disposez d'un oncle qui ne peut concevoir un repas sans riz, comme le mien).

 

 

Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Vendredi 14 août 2009
En ce moment, j'aime bien mes rêves. Hier, j'allais chercher Michèle Alliot-Marie au Carrefour pour lui signaler qu'un serial-killer de huit ans décapitait des gens avec un couteau à beurre sur la plage.
Ce matin, pendant que mon petit frère nageait le 10000m dans un maillot une pièce à motifs vache trop grand, j'essayais de faire mûrir un oeuf de corrube dans un tas de réveils-matins au bord de la piscine.

Je me demande ce qu'en dirait Freud.

En fait, je m'en fiche un peu, je viens de faire sept heures de train, quatre de plus demain, plus du car avec de la chance, plus une heure de marche, ou trois si pas de chance, et je remets ça jeudi prochain, puis vendredi des heures de voiture coincé entre un ours et un psychopathe.
Finalement, j'aurais peut-être fait plus de kilomètres cet été que si j'étais allé en Chine.

Et je m'en fous si cette note est courte !
Par Francis - Publié dans : La catégorie fourre-tout de moi
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Samedi 8 août 2009

Mes amis, si je vous ai négligés ces quelques temps, ce n'est pas uniquement parce que j'étais dans un pays reculé et hors du temps, à savoir la Lozère, où l'on peut encore trouver des rouleaux de linoleum commémoratif des congés payés mais plus difficilement une borne wifi. Non, si je vous ai laissés, c'est parce que j'ai vu la lumière.

 

La lumière du professeur Nicolas Capo, dévouvert au hasard de recherches d'images cochonnes dans les stands des brocanteurs de Langogne. Et donc, attiré par sa couverture prometteuse, j'ai acheté (enfin, me suis laissé offrir) « La Pratique Naturiste pour Vivre dans un Monde sans Maladie », dudit professeur.

 

 

Si je m'étais cantonné à la recherche d'images friponnes, j'aurais été bien déçu. Mais j'ai su voir par-delà ce manque, et ai plongé dans les profondeurs insondables de la sagesse du professeur, qui professe une saine haine de la maladie, qui, nous dit-il, est un délit qui salit la Morale Biologique, mais qui peut être facilement évité par l'expédient simple de la conformation à ses principes.

Et il en a beaucoup, pour notre plus grande édification. Des principes, je veux dire.

 

Et en particulier, la citrothérapie, car trop de gens ont peur du citron. Il le dit bien, le professeur. « Il y a beaucoup de personnes qui, rien qu'en entendant parler du citron ou seulement en le voyant, tremblent de peur ou s'énervent, il n'y a cependant pas de raison à cela et ce ne sont que de fausses appréhensions ». C'est une chose qui est trop ignorée, mais le citron est l'unique sauveur de l'humanité arthritique. Et pour celui qui ne craint pas le jus de ce grand ami de l'homme, « les fièvres s'en vont, la toux et l'asthme s'éteingnent, le rhumatisme, le lumbago, la néphrite, la sciatique et le diabète disparaissent, la syphilis, la sclérose du sang et l'insuffisance mitrale guérissent ! ». En bref, le citron détruit toutes les manifestations morbides de la malpropreté du sang. Les boutons sur la figure, le pus dans la naissance des dents, l'acidité gastrique, tout ça vient du manque abondant (oui, manque abondant) de jus de citron dans le sang. Par ailleurs, un bon massage oculaire au jus de citron vous libérera de tout souci de vue.

L'orange n'est pas mal non plus, vu que le professeur Capo liste 85 propriétés médicinales reconnues de ce fruit, depuis les propriétés sialologues et alexipharmaque jusqu'aux carminatives et anticuivrique (bientôt, grâce à l'orange, je serai débarassé de toutes ces disgracieuses taches de rousseur !)

 

Ensuite, l'héliothérapie. Il faut s'exposer environ sept heures par jour au soleil. Il ne faut pas avoir peur du soleil, c'est un grand ami de l'homme, mais il faut savoir le prendre. Un peu comme Dago, le chien de Claude dans le Club des 5, si j'ai bien compris.

Sans oublier qu'il faut se soucier d'absorber une grande quantité de vitamines radioactives dans des produits non-cadavériques.

 

Mais ce n'est pas tout. Les connaissances du professeur Capo sont immenses et couvrent un champ quasi-infini. Grâce au professeur, j'ai appris :

  1. -à faire des tisanes magnétiques et électriques.

  2. -que l'ail possède 89% (en kg) de propriétés chimico-acides et radioactives.

  3. -qu'il existait 27 formes de vomissements dûs au tabac.

  4. -l'usage de la quintuple négation (Voici ce qu'il ne faut pas faire pour détruire les causes qui empêchent de dormir : ne pas prendre de drogues dans aucun cas)

  5. -que la femme est un sujet intéressant d'actualité (dans le chapitre sur l'éducation biophysique féminine)

  6. -Et j'ai vu mes faibles notions de systématique être toutes bouleversées, en particulier j'ai découvert que les homards, les langoustes, les crabes, les écrevisses, les crevettes ou les coquillages étaient des reptiles. Enfin, à peu près, parce que les reptiles « proprement dit » sont les anguilles et les murènes.

 

 

Bref.

J'ai vu la Lumière, la Lumière de la Nature, ou Mère Hygée la Déesse de la Santé et de l'équilibre si vous préférez.

Et je ne peux que vous inciter, lecteurs maintenant éclairés, qu'à rejoindre notre combat !

 

Ainsi, nous autres intellectuels pourrons-nous aider à libérer l'humain vulgaire (99% de la population) du joug de la maladie ! Nous devons « créer une littérature nouvelle qui donne de la Grandeur et de la Noblesse à la Science Sublime, juste et parfaite de Darwin, Haeckel, Dalton, etc... La Science qui traite de la Sélection naturelle de l'espèce et qui travaille à rendre celle-ci plus saine. C'est pourquoi j'aime cette science. Car elle proclame que celui qui n'est pas sain n'a pas le droit de vivre, parce que le malade contamine les autres, il les salit et répugne à ceux qui sont sains. A cause de ses pestilences, de ses microbes, et de la pourriture de son sang et de ses tissus. Ce qui est sain, c'est ce qui convient à la Race. »

 

Et c'est grave important, une Race humaine saine.

 

Je vous laisse, je vais me faire une tartine de pain hélas non-dextriné et de pâté de cadavre non-radioactif d'animal répugnant (on a beau savoir que c'est mal, on ne peut pas toujours aller du côté de la Nature contre la sienne...). Avec un ti punch, parce que je n'ai plus peur du citron.

 

 

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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Lundi 27 juillet 2009

De toutes les régions françaises, la Bretagne est sans nul doute celle que l'on pourrait qualifier de « favorite du ciel ». La preuve, il lui jouit dessus plusieurs fois par jour (1).

En effet, depuis pas loin de trois semaines que je suis là, je ne crois pas qu'il ait fait beau deux jours d'affilée. Et il y en a, des paires de jours d'affilée en trois semaines. C'est dire, donc.

Le temps étant à l'indécis fixe, il nous a été impossible de nous adonner à toutes ces joyeusetés normalement associées à l'été en Bretagne : pas de chasse au farouche bigorneau sauvage, pas de bains  de mer ponctué de petits cris efféminés « hi, hi, hi, elle est froide », pas de longue promenade sur les remparts de Saint-Jacut-du-Méné, pas de traque de crevettes entre les trous d'eau.

Du coup, les deux tantes acariâtres et staliniennes (2) chez qui je loge ont décidé de m'exploiter jusqu'au trognon.

Ca fait que mes après-midis, au lieu d'être dévolus à de douces séances de bronzette sur la pelouse avec un bon bouquin (3), se déroulent dans les maisons qu'elles ont achetées afin de les retaper.

Pas que j'y retrouve à redire, en fait. Retaper des maisons en Bretagne, c'est plus gratifiant que de bâtir des châteaux en Espagne (4).

Me voilà donc contraint à transporter des plaques de plâtre de trente kilos (c'est chiant à faire passer par les escaliers), tailler des plaques de plâtre au cutter, raboter des plaques de plâtre, poncer des plaques de plâtre, couper des montants métalliques et des fourrures à la grignoteuse, enlever des mèches de perceuse, aller chercher des machins dans la maison d'à côté par laquelle on accède par le placard au fond des chiottes, visser des vis dans tout ce qui peut se voir percé par des vis, poser des tapis de laine de verre urticante partout où il faut isoler (là, on devrait pas entendre dans les chambres les gens qui font caca, même si les murs sont mitoyens avec les gogues), le tout en écoutant les dix mêmes chansons qui passent en boucle sur MFM depuis trois semaines parce que c'est la seule station qu'on reçoit correctement.

 

Mais, malgré tout, à mes moments perdus, car il se trouve que je perds des moments, des fois, quand on en est à l'électricité et que j'ai rien à faire parce qu'on peut pas être à trente-six sur un escabeau avec des tournevis et des dénudeuses à fil, je peux prendre le temps de faire de l'art.

Et donc, je laisse parler mon tempérament d'artiste, que mes parents ont cherché à brimer en moi depuis ma plus tendre enfance, et que j'ai longtemps dû refouler par peur des sarcasmes maternels qui accompagnèrent chacune de mes tentatives de cadeau de fête des mères (5).

 

C'est bien malheureux quand même, parce que j'ai découvert qu'à l'aide d'un simple cutter, d'un bout de tuyau à eau potable et d'un peu de talent, je pouvais faire un magnifique ressort à boudin (6), fixable au bout du doigt pour faire comme si on avait des doigts de déesse comme dans Yakitate Ja-Pan.

Mais mon grand-oeuvre est plus audacieux formellement.

Réalisé avec des rejets de montants métalliques, de rails et de fourrures, à l'aide d'une grignoteuse, d'un machin à faire des trous et d'un peu de simple force brute, voici le clou de ma future exposition au Grand Palais :

 

Machin n=°1

 

 

 

Vous pouvez faire vos offres d'achats.

 

  1. 1. Hop, voilà de quoi faire remonter mes stats

  2. 2. Bon, en fait, l'une est anarchiste mais reçoit des tracts trotskystes, et l'autre préfère regarder le tour de France et reçoit Tennis Magazine

  3. 3. Pour être tout à fait honnête, j'ai essayé une fois, et je me suis retrouvé des fourmis plein le T-shirt. Et elles mordaient, les salopes. Du coup, je suis rentré, et dix minutes plus tard, il pleuvait.

  4. 4. C'est pas beau comme du Marc Lévy, ça ?

  5. 5. Je dis ça parce qu'il paraît que ma maman me lit. Coucou maman !

  6. 6. A vrai dire, je ne sais pas ce qu'est un ressort à boudin, mais ça sonne bien.

Par Francis - Publié dans : Les exaltantes aventures de la vie de moi
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